Là où les mots n'existent pas d'Erik L'Homme (A comme Association 5)

Quatrième de couverture

Alors qu'ils profitent tous les deux du soir de Noël, Ombe et Jasper sont les victimes d'une attaque violente.
C'est un choc terrible pour Jasper, qui se retrouve seul et affaibli. Déterminé à découvrir l'identité de leurs mystérieux agresseurs, obnubilé par l'idée de se venger, Jasper se lance dans une folle poursuite. Mais comment atteindre son but quand l'Association vous lâche, et qu'on ne peut compter pour survivre que sur un vampire peureux, une harpie revêche et les livres de sorciers disparus depuis longtemps ? Il faudra à Jasper beaucoup de courage pour surmonter les obstacles qui se dressent devant lui, à commencer par sa propre colère et son immense chagrin.

Mon avis

Je savais par avance que ce tome là serait super triste, et je ne pensais pas que ça arriverait dès le premier chapitre ! Mais c’est horrible, c’est triste ! Naaaann !! Bon, OK, je me calme je savais à quoi m’attendre, mais bon je ne pensais pas que ça serait aussi vite éjecté (et c’est le cas de le dire). Mais voilà, Jasper va devoir continuer tout seul ses aventures, et vivre dans le seul but de venger Ombe. Même affaibli, il décide de partir seul, contre l’avis de son patron Walter, à la recherche du meurtrier qui par deux fois a attenté à sa vie et à celle d’Ombe.

L’histoire est vraiment bien menée. On a pas mal d’action dans ce livre, si bien que l’on ne s’ennuie pas (en même temps, je ne me suis jamais ennuyée en lisant un livre de cette série). On suit la progression de Jasper, exprès en magie, pour retrouver l’assassin d’Ombe. Malgré la situation, assez triste et tendue, Jasper, fidèle à lui même fait de temps en temps des petites blagues, mais on voit bien qu’il n’a pas le cœur à ça, c’est moins souvent et moins lourd que d’habitude aussi. Du coup, en lisant ce livre, on a l’impression de ressentir ce même poids, ça fait vide. C’est la première fois dans cette série où l’on a une narration à la 3e personne, où l’on sait ce qui se passe dans l’association, comme si l’on espionnait des conversations entre Walter et Mademoiselle Rose (essentiellement) au 13 rue du Horla et du coup, on a une vision d’ensemble plus large de la situation. On se rend compte ainsi que ça va mal en ville et que d’énormes problèmes arrivent et que la vie de Jasper semble plus menacée que jamais.

Mais on a également des petits passages où Jasper nous raconte des souvenirs, très lié à Ombe, comme leur rencontre, les fois où ils se sont parlés, etc. C’est une sorte d’hommage à elle, et ça rend le texte plus poignant et à fond dans le pathos. Mais je trouve que c’est bien amené, sans avoir l’impression d’en faire trop et d’exagérer. On ressent vraiment la peine de Jasper et qu’il tente de surmonter ça, et ce qui fonctionne le mieux, c’est la colère et le fait qu’Ombe soit « toujours là », dans sa mémoire pour l’aider à surmonter tout ça et arriver à ses fins. Même si elle n’est plus là, sa présence est tout de même visible car Jasper « parle » avec elle et du coup ça met des dialogues intéressants et on imagine très bien la situation ainsi, si elle avait été auprès de lui.

J’aime toujours autant l’écriture d’Erik L’Homme, c’est simple et agréable à lire et le personnage de Jasper est attachant et encore plus en ce moment difficile (surtout pour lui, mais pas seulement). Il est dommage que ces livres soient si courts, car on aimerait faire durer ces moments passés dans cet univers et ces personnages et quand on arrive à la dernière page, c’est toujours difficile de refermer le livre parce qu’on aimerait en savoir plus. Surtout qu’ici, on découvre beaucoup de choses et je n’aurai jamais imaginé ça, et encore, on est loin de tout savoir, je suis persuadée que dans les prochains tomes, Erik L’Homme saura encore nous surprendre et nous mettre une claque avec une intrigue intéressante et bien ficelée.

J’imagine bien que ça ne devait pas être cette intrigue là lorsque Erik L’Homme et Pierre Bottero ont commencé à écrire (par ailleurs, la série devait avoir 13 tomes au lieu des 8 annoncés maintenant), mais les circonstances sont telles qu’Erik L’Homme a dû revoir l’histoire. Je suis intriguée par ce qu’elle aurait dû être, mais en tout cas, je ne suis pas du tout déçue de la tournure des évènements. Je comprends parfaitement l’initiative d’Erik L’Homme quant au devenir du personnage d’Ombe, mais c’était assez prévisible étant donné les circonstances. En tout cas, elle a retrouvé son papa, rappelant sans conteste sa propre disparition (très dur le passage, même si on ne le voit pas, on le sait et ça n’en reste pas moins difficile).

En somme, il s’agit là d’un magnifique tome, ça n’a pas dû être évident de l’écrire et de changer la trame originelle et malgré tout nous proposer un livre avec une bonne intrigue, laissant le lecteur avec beaucoup de questions en tête et présageant une suite vraiment géniale.


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