Moi Cornélia, fille de Rembrandt de Rolande Causse

Quatrième de couverture

Lorsque son père meurt à Amsterdam à 63 ans, oublié de tous, sa fille Cornélia n'a que quinze ans. Passionnée par la peinture de son père, elle décide de rejoindre Florence où le peintre est encore admiré. Commence alors un voyage plein de périls sur les canaux et les routes, durant lequel Cornélia et sa vieille nourrice se remémorent la vie de Rembrandt (1603-1669) et ses œuvres, émouvants reflets des différentes périodes de son existence.
Mais des bandits les poursuivent et volent leurs trésors, des dessins et tableaux du peintre. Cornélia lutte et apprend à vivre, oscillant entre chagrin et espoir. Un jour, un jeune peintre lui rend visite. Il s'enthousiasme pour les œuvres de Rembrandt et le futur semble enfin sourire à la jeune fille...

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions L’Archipel pour m’avoir permis de lire ce livre.

En lisant la quatrième de couverture, je m’attendais à une histoire dans le même genre que La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier, qui reprend à sa manière la vie de l’artiste Vermeer. Sauf qu’il faut avouer que cela n’a rien à voir, car dans ce cas-ci, j’avais beaucoup aimé l’histoire (qui tournait beaucoup autour du personnage principal), alors qu’ici… je suis assez mitigée. Il y a plusieurs choses que je n’ai pas aimées et que je développerai après.

L’histoire commence quelques temps après l’enterrement du peintre Rembrandt, le père de Cornélia, qui est touchée par cette mort, elle voit les biens de son père évalué pour la vente, mais ils ne valent pas grand-chose. Le peintre a beaucoup perdu dans l’estime des gens et ses œuvres ne sont plus d’actualité. Cela peine beaucoup la jeune fille qui voit son père comme un grand artiste et un jour, un homme lui dit qu’il était des plus appréciés ailleurs et elle veut ainsi entreprendre un long voyage jusqu’à Florence. Elle emporte avec elle quelques toiles qu’elle veut offrir à la famille Médicis, grande famille de mécène. Mais sur le chemin, elle va rencontrer de nombreuses embuches et voir le monde d’une autre manière.

Ce scénario aurait pu être très intéressant, mais comme je l’ai dit, je suis assez mitigée car plusieurs choses m’ont déplu. Tout d’abord, je trouve que la première moitié du livre est assez lente et répétitive. Je m’attendais à ce que le voyage se déroule bien avant (alors qu’il commence quelques pages avant le milieu). Je comprends bien qu’il faut mettre en place les personnages, le contexte, les lieux… Seulement, je trouve que l’auteur s’attarde sur trop de points inutiles. Par exemple, pendant une bonne partie du début du livre, on voit Cornélia ranger l’atelier de son père, c’est bien, on comprend pourquoi elle fait cela, mais ça dure sur plusieurs chapitres et l’auteur en rajoute en nous donnant des informations sur les œuvres, en les décrivant en détail, en nous donnant ensuite l’histoire de la famille de Rembrandt (car certaines œuvres sont des portraits de la famille). On nous parle aussi des « huissiers » qui viennent pour évaluer le coût des tableaux… cela prend beaucoup de place dans le récit, et je trouve ça un peu ennuyeux et ça alourdit le texte. En parler est nécessaire, mais s’y attarder autant, je ne pense pas.

A contrario, le voyage pour Florence est décrit relativement vite. Cela dure des mois et pourtant, en quelques chapitres c’est fait, et elle ne rencontre pas tant d’embuches que ça. Donc ce n’est pas très équilibré alors que le voyage est sensé être un moment important.

Ensuite, je trouve que la narration, pose problème. Je trouve que la manière d’écrire de l’auteur est un peu lourde, on a beaucoup de narration, de paroles rapportées et peu de dialogues. Du coup, je trouve que ça alourdit le texte et aussi qu’on se perd un peu parce que parfois, on ne sait plus très bien qui parle et cela rend le texte aussi moins vivant. On a bien la sensation que c’est dans une époque lointaine, que ça ne nous concerne pas vraiment et ainsi, il est assez difficile de rentrer dans l’histoire et de véritablement s’y accrocher. J’ai eu beaucoup de mal à m’y plonger totalement. Par ailleurs, on a parfois des changements de point de vue (1ere personne ou 2e personne du singulier) sans prévenir et du coup, on se demande qui est vraiment le narrateur, c’est assez déstabilisant et pas toujours très utile aussi. Je trouve que Cornélia et sa nourrice, deux figures importantes du livre, sont un peu survolées, on ne s’y attache pas tant que ça et je trouve ça dommage.

Ensuite, l’autre chose qui m’a dérangé et qui gênera probablement des gens qui ne connaissent pas nécessairement l’artiste (sa vie et ses œuvres) ce sont toutes les informations qu’on nous donne sur lui et de manière plus générale sur l’histoire de l’art. Ayant fait des études dans ce domaine, ça ne me dérange pas, je connais, et m’y repère (mais je dois admettre que je ne connais pas toutes les œuvres de Rembrandt, cela m’a permis d’en voir d’autres), mais pour une personne qui ne s’y connait pas du tout, j’ai peur que ce livre n’intéresse pas vraiment, que ce soit trop lourd à lire.

En effet, l’histoire que l’on nous promettait dans la quatrième de couverture est finalement absorbée par toutes les informations liées à l’Histoire de l’art (aussi bien les personnes ayant réellement existés, comme les œuvres citées). On a beaucoup d’informations sur l’art de Rembrandt, des noms d’œuvres, des personnes qu’il a rencontrées, sa vie familiale… Ce sont trop de choses à assimiler en très peu de temps. Cela ressemble parfois à un résumé successif de toute sa vie. Il en va de même lorsque Cornélia va à Florence et qu’elle rencontre les Médicis. L’auteur nous détaille, tel un professeur d’histoire, l’arbre généalogique de la famille de Rembrandt, des Médicis, etc., Les œuvres acquises sont souvent décrites dans les détails pour qu’on visualise bien la scène… Pour les passionnés d’art, cela ne posera pas de problèmes je pense, mais pour ceux qui ne s’y connaissent pas trop, ça peut être assez lourd et assimilé à des cours d’histoire de l’art finalement. Ce n’est pas nécessairement ce que recherche le lecteur en voyant une telle quatrième de couverture.

Je ne doute pas de la recherche qu’il y a eu, car il est précisé que toutes les œuvres et personnages cités ont vraiment existé (en dehors de la nourrice de Cornélia : Mamechleen) et en me souvenant de mes cours, je me souviens aussi de cela, même si les situations, dialogues ne sont que du faits de l’auteur. En ce qui concerne les personnages, on les retrouve dans l’Histoire. Mais le but de ce livre était de nous faire voir l’apprentissage, la quête de Cornélia et donc une certaine évolution, mais je trouve que cet aspect du livre, passe complètement au travers, à cause du parti pris de l’auteur de nous montrer toute sa connaissance sur Rembrandt, la famille Médicis, etc.

J’ai quand même bien aimé ce livre, c’était très intéressant, je ne peux pas le nier. Seulement, je trouve que l’histoire qu’on nous présentait, passe finalement au second plan et que ce livre ressemble à un livre d’Histoire de l’art nous retraçant la vie de Rembrandt et autres personnages contemporains de l’artiste, plutôt que l’apprentissage de Cornélia dans sa quête de gloire pour son père. On voit cet aspect là, mais je trouve que ce n’est pas spécialement ce qui ressort le plus, c’est plutôt un prétexte pour parler des œuvres et des peintres. Cela va permettre de nous faire découvrir cet artiste, de vouloir en savoir plus sur lui, mais tel qu’on nous présentait ce livre, ce n’était pas nécessairement à ça qu’on s’attendait. Je ne pensais pas lire un tel livre, c’est pourquoi je suis assez mitigée dessus, mais je dois reconnaître que c’était quand même intéressant pour le côté historique et artistique.

Commentaires

  1. Ce livre a l'air intéressant ! Je l'inscris dans ma PAL ! :)

    http://helenyaa.blogspot.fr/

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    1. il est pas mal, ce n'était pas ce à quoi je m'attendais, mais il est pas mal quand même

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