Les derniers jeux de Pompéi de Anne Pouget


Quatrième de couverture

Le jeune Lucius mène une vie heureuse dans la paisible ville de Pompéi. Entre son travail à la foulonnerie et les innombrables bêtises de Beryllus, son grand frère un peu simplet, il n'a pas le temps de s'ennuyer. Et puis il y a Alba, la belle Alba dont la douceur ensoleille son quotidien... À l'approche des grands jeux du cirque où s'affronteront lions, tigres et gladiateurs par dizaines, la cité est en effervescence. Toute cette agitation semble d'ailleurs monter à la tête de Beryllus, qui raconte une histoire invraisemblable : le Dieu des enfers lui aurait prédit que Pompéi serait bientôt détruite par le Vésuve ! Son récit fait rire la ville entière : que pourrait-on craindre de cette belle colline qui surplombe la ville ?

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Casterman de m’avoir permis de lire ce livre qui était intéressant.

La 4e de couverture est suffisamment explicite pour comprendre de quoi il s’agit, seulement, elle peut être un petit peu trompeuse et je vais expliquer en quoi. Il faut savoir que ce livre est davantage centré sur Lucius que Beryllus, même s’il est très présent, le personnage principal du récit reste tout de même Lucius. Au premier abord, on pourrait croire le contraire, surtout si on regarde la vraie quatrième de couverture qui est sur le livre car elle ne fait mention que du 2e paragraphe… Mais j’ai préféré vous mettre celle dont j’avais connaissance qui fait mention de Lucius pour prouver son importance et aussi parce que la partie avec Beryllus et le dieu des enfers, est abordé mais est assez vite éludé. Ça n’est peut-être pas assez exploité pour moi cette partie là, qui arrive d’ailleurs vers le milieu du livre… Donc sur le coup, j’ai trouvé ça un petit peu long, pensant que ça serait le sujet principal du livre, mais au final ça ne l’est pas.

Ce livre est surtout une sorte de reconstitution historique de la ville de Pompéi (après tout ce livre est un livre Historique, ça on le sait dès le départ) et l’auteur se concentre ainsi sur la manière dont vivaient les gens à cette époque. Evidemment, on n’a pas que ça, il y a une histoire, assez incroyable qui arrive à Lucius Cherchant sans arrêt son frère il finit par aller à bord d’un bateau à destination d’Ostie où il va faire des rencontres qui vont changer sa vie et aussi sa vision de celle-ci. Mais le but premier de cette histoire est de voir comment les pompéiens vivaient jusqu’au moment où toute vie a cessé lorsque le Vésuve est entré en éruption et plus le temps avance et plus on nous emmène vers l’inévitable (l’auteur ne peut pas totalement réécrire l’histoire, sinon, ça ne serait plus un livre dit « Historique »).

Voilà, tout ce petit laïus pour diriger un peu la lecture parce qu’étant donné le résumé de l’histoire, je m’attendais à tout autre chose, peut-être plus à une fiction avec une base solide d’histoire sur un fond Historique et non « simplement » un livre Historique avec une petite histoire pour l’agrémenter. Il faut remettre les choses dans l’ordre parce que sinon on risque d’être déçu parce que ça n’est pas ce à quoi on pensait alors que ce livre reste tout de même très intéressant et que j’ai vraiment passé un bon moment en le lisant.

Etant donné mes attentes, il est vrai que le début était assez long, vu que la partie concernant Beryllus et le dieu des enfers n’arrive que vers le milieu du livre comme je l’ai dit, mais tout ce qu’on apprend, tout ce qu’on peut voir est tout de même intéressant. J’ai fini par comprendre les enjeux du livre (bien avant cette moitié tout de même), du coup j’ai pris ça davantage comme un livre d’Histoire, qui nous raconte en même temps une fiction pour que ça soit moins lourd à assimiler.

Cette reconstitution était intéressante et l’auteur les mots et la manière pour captiver l’intérêt du lecteur. C’est une écriture très agréable à lire, très fluide et elle a dû faire pas mal de recherches pour toutes les descriptions des lieux qui d’après les notes de fin (je reviendrais dessus après) sont assez fidèles par rapport à ce qui existent. Elle n’a pas eu à inventer, du moins pas la majorité. Les pages défilaient assez rapidement et le livre a été lu en à peine deux jours, tant j’avais envie de savoir ce qui allait se passer avant ce drame, connu de tous.

L’effet de longueur au début, vient juste du fait que j’étais impatiente d’entendre parler de la prédiction, pensant qu’elle allait arriver plus tôt et être un des sujets principaux du livre. Bon, ça n’a pas été le cas, mais ça n’était pas pour ça que toute la première moitié du livre où l’on voit les « aventures » de Lucius lorsqu’il va à Ostie, les rencontres qu’il fait, etc. n’était pas agréable à suivre, bien au contraire et l’on va voir par la suite l’importance de ce voyage, sans cela, l’histoire aurait été toute différente pour Lucius…

L’histoire était donc bien, mais cela est surtout dû à la profusion des personnages et à commencer par Lucius. On a L’impression de le connaître depuis longtemps et le voir évoluer tout au long de l’histoire est un vrai plaisir. C’est une belle évolution, on pourrait même dire qu’il était en avance sur son temps ce petit Lucius, notamment par rapport à la condition humaine, mais je vous laisse découvrir tout ça. J’ai beaucoup aimé ce personnage, il est courageux, il a une grande force d’esprit, un grand amour pour ce frère qui est simple d’esprit. Grâce à ses rencontres, Lucius va prendre un peu plus d’importance alors qu’il n’est qu’un simple collecteur d’urines, rien de bien réjouissant et pourtant il fait sa tâche sans rechigner mais ses actions parlent d’elle-même.

Beryllus est évidemment l’autre personnage phare de cette histoire, ce frère simple d’esprit qu’on ne peut qu’aimer et qui peut nous surprendre, j’avoue que sur la fin, je ne m’attendais pas à ça, même si quelque part ça reste logique (ça reste un livre jeunesse). Il a des réparties qui font rire, il est touchant du fait de son « handicap » mais il est loin d’être stupide comme va nous le montrer cette histoire.

Quant aux personnages secondaires, il y en a un certain nombre et chacun a sa personnalité, ils ne sont pas écrasé par les deux frères qui sont au centre de l’histoire. Je pense notamment à Stephanus, L’Africain ou encore Héraclès… Mais il y en a d’autres et on a l’impression de les connaître depuis longtemps, c’est un vrai plaisir de les côtoyer. L’auteur a su créer des personnages mémorables et crédibles, et avec de la consistance, ce ne sont pas que des noms cités, mais réellement des personnages qui semblent vivants (et pour le coup, certains ont réellement existé).

L’aspect que j’ai beaucoup aimé également ce sont les petites notes à la fin du livre qui expliquent ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas, donc de l’invention de l’auteur pour le bien de son histoire. Et franchement c’était très sympathique de remettre les choses dans leur contexte, avec « preuves » à l’appui comme elle cite les musées où sont conservés les objets recueillis lors de fouilles, à moins que ça ne soit encore visible sur le site même de Pompéi. De plus on a droit à une petite carte de la ville, donc ça ajoute un petit plus, nous permettant de mieux nous repérer dans l’espace.

En bref, c’était tout de même une bonne lecture pour moi, même si ça n’était pas ce à quoi je m’attendais. C’est une belle histoire où j’ai passé un bon moment en compagnie de Lucius et Beryllus qui pour le coup nous a offert « une plongée inoubliable au cœur de la cité romaine » comme annoncé sur la 4e de couverture du livre.

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