Fais-moi peur de Malika Ferdjoukh

Quatrième de couverture

Enfin seuls !
A peine la voiture des parents a-t-elle disparu dans la nuit noire que les cinq enfants Mintz, laissés sans surveillance, investissent la maison. On transforme la cuisine en patinoire, on fait exploser le pop-corn, on prépare une expédition au cimetière, on dessine des sorcières, on retrouve un copain fantôme…
Mais un certain Monsieur N rôde dans le jardin. Il a mis son manteau rouge. Sous la neige qui tombe, on dirait le Père Noël. Il vient de tuer, son couteau est encore plein de sang, ses yeux emplis de haine. Il brûle de rage et de l’envie de poursuivre son massacre.
Les enfants Mintz, leur chat, leur chouette ne savent pas que cette soirée du 23 décembre va virer au cauchemar.

Mon avis


J’ai lu Fais-moi peur car une de mes collègues l’avait lu et était a priori assez dubitative sur ce livre. Sachant que je lis vite, elle m’a demandé de le lire pour avoir mon avis afin d’en débattre. Et je dois dire, que moi aussi ce roman me laisse perplexe et me laisse un sentiment assez mitigé. C’est dommage alors même qu’il avait un gros potentiel mais l’idée n’a pas été exploitée suffisamment à mon goût. Ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais en le commençant. Je tiens à signaler que je ne savais pas de quoi cela parlait en amont, j’ai fait des suppositions en fonction du déroulement de l’histoire mais mon scénario est très différent de la réalité.

C’est dommage d’autant plus que le début est vraiment prometteur et alléchant. L’écriture de Malika Ferdjoukh est vraiment très bonne et j’ai beaucoup aimé le fait que ce soit écrit tel un conte, om le narrateur s’adresse directement au lecteur de sorte que l’on est impliqué dans l’histoire. J’ai eu la sensation de lire un conte comme Peter Pan de James M. Barrie qui utilise ce même procédé. Du coup, cela a un côté « enfantin » mais rapidement on déchante puisqu’on voit que cela n’a rien d’enfantin mais que cela va être bien plus sombre et sanglant. Donc j’ai bien aimé ce décalage qui était intéressant.

La 4e de couverture donne une certaine idée de l’histoire, mais attention, il faut savoir que Monsieur N ne rôde autour de la maison qu’au ¾ du livre, alors autant vous dire que c’est un peu long, pour un événement annoncé sur une 4e de couverture. Évidemment, on s’attend à ce que ça arrive bien plus tôt et pas vers la fin du livre. Du coup le scénario que l’on peut se faire en amont n’a rien à voir avec le contenu. Ce qui a été le cas de ma collègue, qui elle, s’attendait à ce que la présence de Monsieur N proche de la maison de la famille Mintz arrive bien plus tôt et qu’on ait affaire à un thriller dans un lieu clos. Ce n’est pas le cas, loin de là. Du coup, l’attente par rapport au pitch n’est pas là.

Donc la 4e de couverture dessert le livre puisque, si dans un premier temps, donne une bonne idée de l’histoire eh bien dans les faits cela met beaucoup de temps à arriver. Mais ce n’est pas le seul problème du livre, je pensais qu’il y aurait plus de tension et vu ce que l’on apprend sur le personnage de Monsieur N, je m’attendais à quelque chose de bien plus dur et trash, or ce n’est pas le cas. Je n’en dirai pas plus pour pas spoiler l’histoire mais ce n’est pas aussi pesant et horrible que ce que j’imaginais, donc j’ai été un peu « déçue » de ça. Même si j’avoue que dans les dernières pages, on s’inquiète pour des personnages, on pense le pire donc c’est bien plus prenant et intéressant. Mais c’est une « petite tension », pas à la hauteur d’un thriller alors que le potentiel était là, surtout avec la manière dont est décrit le personnage. Et surtout au vu du début qui pose une atmosphère assez sombre, dérangeante, de quoi faire un très bon thriller parce que ce Monsieur N est des plus inquiétants vu ses actes et paroles, mais rapidement ça retombe.

A son propos, on voit qu’il a des préjugés, qu’il est raciste, et j’avoue que sur l’instant, quand on voit ce qui est dit bon… je ne m’y attendais pas, mais pourquoi pas. Le problème étant que cela n’a même pas d’incidence sur l’histoire, il n’y a pas de liens du coup je ne vois pas l’intérêt de montrer à ce point ce racisme s’il n’y a rien derrière. C’est un peu de la « méchanceté gratuite », même si j’ai bien conscience qu’elle est réelle, oui des gens pensent vraiment cela. Mais j’avoue que là, ça n’avait pas grand intérêt de le montrer à ce point si ça ne sert pas l’histoire (un peu comme les scènes de sexe dans des romances, en mettre pour en mettre à un moment donné ça ne sert à rien).

Quant à la famille Mintz, il est évident que l’on s’attache à eux et attirent notre sympathie. Ces enfants seuls à la maison sont une bonne illustration du proverbe : « Quand les chats ne sont pas là, les souris dansent ». Sans la présence des parents c’est la fête, ils vont mettre la maison sans dessus dessous, sans se rendre compte du danger qui rôde. On ne peut que s’y attacher, ils ont notre sympathie, cette fratrie soudée qui va faire plaisir à l’une des sœurs en cette période de Noël, malgré leur foi.

En bref, Fais-moi peur est un roman qui me laisse un sentiment mitigé parce que je ne vois pas vraiment où l’auteur voulait en venir. J’ai trouvé qu’il n’y avait pas assez de tension pour un roman un peu en huis clos, alors qu’il y avait du potentiel vu les circonstances et le personnage de Monsieur N. Mais l’idée n’est pas approfondie et pas abouti alors que le début était plutôt prometteur. C’est bien dommage, je n’ai pas lu beaucoup de livres de Malika Ferdjoukh pour comparer ces romans, mais j’avoue que celui-là ne me laissera pas un sentiment impérissable (vivement la suite de Broadway Limited qui est un très bon roman).

Commentaires

  1. C'est un beau roman sur le mal qui rode sans cesse et partout (on ne peut pas le tuer), et sur les êtres humains qui sont capables de toujours le repousser s'ils savent vivre ensemble. Le côté thriller est un prétexte. Cela fait d'ailleurs penser aux préjugés. On pense qu'on va lire tel ou tel livre et au final, rien ne s'est passé comme on l'avait imaginé.

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    1. oui c'est ça, dans le fond je comprends bien cet aspect du mal, mais j'avoue que ce n'était pas du tout ce à quoi je m'attendais et du coup j'en ai été déçue. Et il m'a manqué quelque chose pour que ce soit vraiment prenant et angoissant

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