Et parfois elle revient de Nora Lake

Quatrième de couverture

« La première fois que je tombai amoureuse, ce fut d’une morte. Il était étrange de souffrir pour quelqu’un que l’on n’avait pas connu. J’étais encore très loin de savoir à quel point il était douloureux de perdre quelqu’un. De perdre une âme sœur. »

Quand elle s’énamoure d’une violoncelliste mélancolique, elle sait que la Musicienne va changer sa vie. Et quand elle La perd, elle se retrouve seule avec la nuit et le froid. Ne restent alors qu’un cœur en morceaux, une note de musique suspendue et des fantômes.

Mon avis

Après avoir lu La Confrérie des Explorames, je me suis lancé dans Et parfois elle revient car j’avais envie d’une petite lecture rapide et quoi de mieux qu’une novella pour ça ? Par ailleurs, j’allais rester dans le même thème car il est question de mort et plus particulièrement ici de deuil. J’ai beaucoup aimé ce livre qui est très poétique et doux, et évidemment dur, étant donné le sujet. Mais je vous le recommande vivement car il mérite qu’on y porte attention.

Et parfois elle revient raconte l’histoire d’une jeune femme qui tombe amoureuse, la première fois, il s’agit d’une femme morte. Notre narratrice est thanatopractrice et en voyant le corps de cette femme étendue, elle va en tomber amoureuse. Plutôt étonnant, n’est-ce pas ? Dès année plus tard, elle va connaître un amour, LE véritable amour auprès d’une jeune femme violoncelliste qu’elle va épouser. Ensemble, elles vont chercher leur nid d’amour et tomber sur un beau manoir. Tout était parfait… jusqu’à ce jour…

Dès le début du récit, on sait que son épouse, dénommée Elle dans le texte, sans qu’on ne sache jamais son prénom (tout comme celui de la narratrice endeuillée), est décédée. Et c’est le deuil qui commence, mais surtout la souffrance. La perte d’un être cher, de son âme sœur va complètement lui faire perdre pied. Elle va se souvenir des moments passés : celle de leur rencontre, de moments fugaces et beau, de leur recherche de leur maison, ce manoir qui a vu leur amour naître et croître, encore et toujours plus. Et même ce jour où elles ont enterré une capsule temporelle dans leur jardin…

Mais au fil des pages, notre narratrice raconte surtout sa douleur et sa souffrance, celle qui a surgit sans que rien ne prévienne, alors même qu’elle n’était pas auprès d’Elle. Elle essaye tant bien que mal de survivre, de remonter à la surface mais on voit à quel point c’est difficile, voire impossible pour elle d’avancer, d’avoir le goût de vivre quand celle qui était tout pour elle n’est plus.

C’est une histoire forte et poignante qui ne peut pas laisser indifférent tant on ressent toute cette douleur et cette souffrance. C’est un appel au secours, c’est d’une certaine manière le chant du cygne tant on voit bien que la narratrice ne parviendra pas à surmonter cette douleur. On se doute un peu de ce qui va se passer.

L’écriture de Nora Lake est vraiment exceptionnelle ici car on ressent parfaitement les émotions qui traversent sa narratrice. Il y a une vraie maîtrise de la langue, le choix et le poids des mots font que ça nous touche en plein cœur. C’est vraiment une grande force dans ce texte, ça n’aurait pas eu le même impact sans cette maîtrise de l’écriture.

En bref, Et parfois elle revient est une histoire dure et triste car il est question de deuil et de souffrance, celle d’une narratrice qui a perdu l’amour de sa vie. Elle dépeint leur vie, jusqu’au moment fatidique qui a tout fait basculer, ce moment où elle a ressenti au plus profond de son être la perte de l’être cher. C’est une ode à l’amour qu’elle lui portait et aussi un chant du cygne car on voit que cette souffrance est au-dessus de tout et qu’elle ne parvient pas à passer outre, elle ne le peut pas. Une novella qui a beau être courte, est suffisamment forte pour être percutante et nous toucher en plein cœur. C’est un texte magnifique et ensorcelant et même si c’est triste, il y a une certaine beauté là-dedans, grâce aux mots de Nora Lake qui rendent ce texte vraiment très poétique. Un livre à découvrir si ce n’est pas déjà fait !

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