Francebitume de Benjamin Rosenberg

Quatrième de couverture

Une cité HLM en banlieue parisienne. Des jeunes traînent quotidiennement en bas des tours. Aziz, l’un d’eux, décident d’écrire un roman. Un roman parce qu’il veut fuir sa routine, et parce qu’il veut prouver qu’il est capable de produire, de créer, en dépit de son échec scolaire. Il fait voyager son lecteur à la fin des années 60. De la Normandie à Paris, des débats sur la société de consommation aux soirées des squats, Aziz s’interroge sur les Hommes et le sens de l’existence.
L’auteur propose une fresque sur les enjeux, les forces et les limites du roman, et l’histoire de l’ascension sociale d’un jeune de cité.
Francebitume s’attache à démystifier les clichés, et porte un regard à la fois grave et attachant sur la « France des banlieues ».

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier l’auteur Benjamin Rosenberg de m’avoir permis de lire son livre. Ce n’est pas le genre que je lis habituellement, pourtant le sujet me semblant intéressant, j’ai décidé de le lire, pour me changer un peu et voir ce que l’auteur allait faire avec ce thème. Je dois avouer que je suis un peu mitigée sur ma lecture, il y a des éléments intéressants et de l’autre… Je ne sais pas trop quoi penser de ce livre, mais je vais tâcher de vous expliquer ce qui vous attend si jamais vous le lisez. Quoi qu’il en soit, l’écriture est agréable, bien que familier voire vulgaire par moment mais ça s’inscrit dans l’histoire donc on peut le comprendre. Ça ne m’a pas dérangé en soi, ça se lit bien après c’est simple, mais suffisant au vu du texte.

L’histoire nous fait découvrir Aziz, un jeune de la banlieue parisienne qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie. Il a arrêté les études à la fin de sa troisième et depuis, traine aux bas des immeubles de sa cité avec ses amis, buvant et fumant des joints, tout en se demandant ce qu’ils peuvent bien faire de leur vie. Jusqu’au jour où Aziz se décide d’écrire un roman, pour prouver aux autres et surtout à lui même (en songeant à une fille qu’il aime Naïla) qu’il est capable de faire quelque chose malgré tout. Ainsi pendant de longs moments, il va se plonger dans l’écriture et ainsi créer l’histoire de Jean-Marc, un homme qui va repenser à sa jeunesse et à toutes les choses qu’il a pu vivre, vers la fin des années 60, en Normandie. Ainsi, on suit en parallèle la vie de ces deux jeunes hommes qui ont « sensiblement » le même âge (autour de la 20aine) qui vivent à deux époques différentes, dans des lieux qui sont en totales oppositions (le premier étant en banlieue parisienne, le second, en Normandie à Trouville-sur-Mer) et pourtant, on voit bien que beaucoup de choses les rapprochent et qu’on peut voir ainsi une certaine analogie entre eux.

J’ai été surprise de l’entée en matière de ce livre et je dois l’avouer ça m’a rebuté un peu au premier abord, mais il ne faut jamais juger un texte à sa première page, et je n’ai pas pour habitude de me fier à ça, donc j’ai poursuivi ma lecture en me demandant pourquoi l’auteur avait choisi une telle entrée en matière. Cela s’explique par la suite, mais pour une première approche ça peut sembler étrange (ou rebuter, on ne s’attend vraiment pas à ça), surtout que ça semble loin du résumé que l’on a pu lire sur la 4e de couverture. Mais j’ai continué ma lecture, tentant de comprendre ce que l’auteur voulait nous expliquer. Vu le genre du livre, ça n’est pas qu’une petite histoire comme ça, ça dépeint une société (voire deux ici, à deux époques) afin de montrer quelque chose. Le sujet principal tournant sur la société et la place de l’Homme (au sens large du terme) dans celle-ci. Ça aurait pu être un sujet très intéressant, mais à la fin de ma lecture j’avoue que je ne sais pas vraiment ce qu’il a voulu montrer, je ne vois pas la finalité, un peu comme s’il manquait quelque chose.

L’histoire ou plutôt les histoires sont intéressantes à suivre, mais il ne faut pas s’attendre à beaucoup d’actions, et des rebondissements, etc. c’est plutôt un livre de type « essai » qui expose quelque chose donc ça peut paraître « plat » pour certains et du coup ennuyer ceux qui cherchent un minimum d’action. Moi, ça n’a pas été mon cas parce que je m’y attendais et que j’ai vraiment cherché à savoir ce que l’auteur a voulu nous montrer. L’histoire d’Aziz bien que principale prend moins de place que celle de Jean-Marc, qui est un jeune de 22 ans qui vit en Normandie. Suite à une rencontre, il va s’en aller à Paris, et découvrir « un autre monde », une autre manière de vivre et cela grâce à une femme (autre sujet important dans ce livre). On sait quel est l’aboutissement de sa vie, puisque sa jeunesse est montrée via un flash back. Il y a donc tout un questionnement sur la place de l’Homme dans la société dans cette vie là, en 1969, où il y a eu pas mal de changements et du coup, on se rend compte qu’il n’y a pas forcément beaucoup de différences alors qu’on est au XXIe siècle (ce qui d’une certaine manière peut être un tort).

Quand on suit Aziz, on est dans une banlieue vraiment précise, celle qui est au cœur de cités « à problèmes » si on peut dire ça comme ça, avec une vision assez négative de la banlieue parisienne. Sur la 4e de couverture, il est dit que ça permet de « démystifier les clichés » au contraire, je trouve que ça les renforces car la plupart des gens pensent que toutes les banlieues sont comme ça, alors que ça n’est pas le cas et vu l’histoire, je ne trouve pas que ça encourage à penser autrement. J’y suis en banlieue parisienne, j’habite proche d’une ville qui peut être connu pour certains « problèmes », et je sais parfaitement l’avis des gens extérieurs qu’ils ont de cette ville. Généralement quand je la nomme, il y a le « rictus » qui veut tout dire, et cela essentiellement pour un quartier, celui qui craint le plus alors que le reste de la ville reste relativement bourgeois, ou le devient de plus en plus. Donc nous montrer que la banlieue c’est ça, c’est un peu restrictif je trouve. Ce type de banlieue existe évidemment, j’en suis consciente mais ça n’est pas que ça et ce livre ne permet pas de voir au-delà.

Même si Aziz prend conscience qu’il doit changer, qu’il doit faire quelque chose de sa vie, même s’il a arrêté ses études, afin d’avoir une bonne vie, je trouve que ça ne l’exprime pas suffisamment et qu’à la fin, ça semble un peu facile à dire comme ça. Je pense que l’auteur aurait dû aller au-delà et nous montrer davantage. Là, ça me semble un peu creux avec un sentiment d’inachevé.

Pour ce qui est des personnages, j’avoue que le personnage d’Aziz ne m’a pas plus touché que ça, ni ses amis, je ne suis pas fan de ce genre là, et ce n’est pas parce qu’on habite en banlieue qu’il faut se laisser aller et après se plaindre que ça ne fonctionne pas. Parfois ça peut être difficile, j’en ai bien conscience mais si on s’accroche et s’en donne les moyens ça peut marcher. Il faut la volonté aussi, ça ne se fait pas tout seul. Donc j’avoue que là… j’ai eu un peu de mal. Après pour l’histoire de Jean-Marc, il apparait sympathique mais une fois qu’il va à Paris, il se laisse aller et change du tout au tout et finit par perdre ses valeurs (la ville rend les gens plus indépendants ? Possible, vivre à Paris est particulier et il est clair que ça peut changer des gens, mais à ce point ? Pas sûre. Donc une fois de plus, je ne sais pas trop quoi en penser, je suis décontenancée par ça…

Je parais bien négative en écrivant cette chronique, mais je ne m’attendais pas à ça et j’avoue qu’à la fin de cette lecture, je me demande ce que l’auteur a voulu montrer vraiment. On se rend de certaines choses, mais ce sont juste des constatations, rien de plus, donc ça n’apporte pas grand-chose à mon sens. Malgré tout, j’ai lu ce texte avec plaisir, ça n’était pas une torture (j’ai déjà eu des livres qui m’ont donné cet effet), là non, j’avais envie de savoir, de voir ce qu’il allait en être, sauf que l’aboutissement… n’est pas ce que je croyais.

Difficile d’écrire cette chronique, je ne sais pas trop comment exprimer ce que je ressens et pense. Je pense que le mieux est de le lire pour se faire une meilleure idée de ce livre, qui aborde des thèmes intéressants, mais à mon sens, ça n’a pas été assez long, pas suffisamment développé pour bien comprendre ce que l’auteur a voulu exprimer.

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