La Petite fille aux allumettes de Hans Christian Andersen & Clémence Lesage

Quatrième de couverture

La Petite fille aux allumettes. 

Il fait effroyablement froid, ce soir. C'est le soir du dernier jour de l'année. Une petite fille marche pieds nus dans la neige et tente en vain de vendre ses allumettes aux passants. Après avoir proposé une dernière fois son paquet d'allumettes, toute transie, elle se réfugie dans une encoignure, entre deux maisons. Elle n'ose rentrer chez elle : son père la fouetterait pour ne pas avoir rapporté le moindre sou. La fillette grelotte et frissonne. Et si elle prenait une, deux puis trois allumettes pour se réchauffer ? Quelles flammes merveilleuses et quels doux songes elle fait !


Le Bonhomme de neige. 

Un bonhomme de neige a été façonné ce matin. Il durera le temps que durent la neige et le froid glacial. Sauf si sa fascination pour le poêle de la maison ne lui fait faire une grosse bêtise.

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Clochette de m’avoir permis de lire et écouter cet album que j’ai bien apprécié.

Il s’agit ici d’un double album, on y trouve à la fois La Petite fille aux allumettes et Le Bonhomme de neige. Ma chronique concernera donc les deux contes parce que les thématiques sont communes, tout comme les illustrations, donc il est inutile de répéter deux fois la même chose, même si les histoires en soi sont différentes. Je ne ferai pas de résumé des deux contes, chaque 4e de couverture étant suffisamment explicite pour savoir de quoi il s’agit.

Je ne connaissais pas du tout ces contes. Je n’ai jamais lu / étudié Andersen, donc ça a été la « surprise » pour moi, mais bon, je m’attendais à quelque chose du genre. Mais à lire et entendre (j’écoutais en même temps que je lisais) cela accentue davantage l’horreur de la situation, surtout pour La Petite fille aux allumettes. Même si on voit que pendant quelques instants elle était heureuse lorsque ses rêves se sont réalisés pendant un instant en cette nuit du Nouvel An.

Dans les deux cas, on se doute évidemment de la fin de l’histoire, qu’il y a peu de chance que ça se termine bien, même si les raisons en diffèrent. Pour le premier conte je trouve ça d’autant plus horrible qu’il s’agit d’une petite fille, mais la finalité pour le bonhomme de neige est identique mais ça a moins d’impact, en tout cas pour moi.

Malgré ce côté triste, ça n’en reste pas moins un conte agréable à lire et ça fait partie des classiques. Cet album permet de refaire un peu ma culture des contes, étant donné que je ne connais que ceux de Perrault (Grimm très peu). L’écriture est très belle et atténue légèrement l’horreur de la situation parce qu’on fait appel aux sens, et le fait que ça soit un album illustré ajoute cet aspect là, parce qu’on voit en direct ce qu’elle s’imagine.

Ces deux contes ne sont pas dénués de morale, comme dans tous les contes, il y a toujours un but, et ils montrent l’indifférence des gens et à la fin de La Petite fille aux allumettes, cela se voit très bien à travers les paroles d’un des passants qui est révoltant, je vous jure, ce conte m’a serré le cœur. Heureusement que l’image était là pour égayer une grande partie de l’histoire, redonner un peu de gaité et de vie là-dedans, même si évidemment ça ne fait que cacher en partie la réalité.

Les dessins ajoutent un vrai plus à l’histoire. Le graphisme est beau et ajoute de la douceur par rapport à ce qui est raconté. C’est très frais et très léger, à l’image de la première de couverture, à voir si vous appréciez ce genre de dessin. Moi, je suis très adepte et je trouve que ça s’accompagne très bien avec le texte. Les illustrations, situées uniquement à droite, peuvent se suffire à elles-mêmes, le texte ajoute du détail mais ça reste tout de même compréhensible, même pour un enfant qui ne sait pas lire. Après j’avoue qu’il me serait difficile de donner ce genre d’ouvrages à un enfant, ça reste quand même très triste, autant celui du Bonhomme de neige ça peut passer, autant celui de La Petite fille aux allumettes… Les contes ne sont pas toujours pour des enfants.

Dans l’album il y a aussi un CD qui nous permet d’écouter l’histoire. Ce que j’ai fait puisqu’à vrai dire, j’ai lu le livre en même temps que je l’écoutais. La voix est douce et donne bien les intonations des différentes voix, c’était d’ailleurs assez amusant pour le deuxième conte Bonhomme de neige. Ce n’est vraiment pas désagréable à écouter, le ton est posé et maîtrisé et on a le temps de suivre. D’ailleurs pour le deuxième conte, on nous prévient au tout début du CD qu’il y a une petite sonnerie pour savoir quand tourner la page. Donc même un enfant qui ne sait pas lire, rien qu’en écoutant avec le livre sous les yeux sait quand il doit la tourner pour suivre grâce aux illustrations, même s’il n’a pas un adulte pour le lire avec lui. Bon, il ne faut pas non plus que le CD remplace totalement l’adulte, mais je trouve ça intéressant comme approche de la lecture « tout seul » quand on ne sait pas encore lire.

Et petit bonus, à la fin, comme dans l’album, on a la version chantée de La Petite fille aux allumettes. C’est là aussi très agréable à écouter, même si c’est toujours aussi triste, la musique est sympathique, la voix de la chanteuse entraînante et donne plus de poids au texte. Il s’agit de la même chanteuse que dans Les 3 sœurs du roi méchant de Marianna Galeanea & Stéphane Girel.

En bref, c’est un album sympathique qui m’a bien plu même si c’était triste. Les illustrations sont magnifiques, donnent de la douceur malgré ce qui est raconté. Quant à la partie audio c’était agréable à écouter parce que la voix de la narratrice est plaisante et sait la conter. Un album à découvrir, mais il faut savoir à quoi s’attendre sinon on risque de tomber de haut et d’avoir le cœur serré comme le mien…

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