Le Passeur de Lois Lowry (Le Passeur 1)

Quatrième de couverture

Dans le monde où vit Jonas, la guerre, la pauvreté, le chômage, le divorce n’existent pas. Les inégalités n’existent pas. La désobéissance et la révolte n’existent pas. L’harmonie règne dans les cellules familiales constituées avec soin par le Comité des sages. Les personnes trop âgées, ainsi que les nouveau-nés inaptes sont « élargis », personne ne sait exactement ce que cela veut dire.
Dans la communauté, une seule personne détient véritablement le savoir : c’est le dépositaire de la mémoire. Lui seul sait comment était le monde, des générations plus tôt, quand il y avait encore des animaux, quand l’œil humain pouvait encore voir les couleurs, quand les gens tombaient amoureux. Dans quelques jours, Jonas aura douze ans. Au cours d’une grande cérémonie, il se verra attribuer, comme tous les enfants de son âge, sa future fonction dans la communauté.
Jonas ne sait pas encore qu’il est unique. Un destin extraordinaire l’attend. Un destin qui peut le détruire.

Mon avis

Le passeur est un roman dont j’entends parler depuis un bon moment mais je n’avais pas encore eu le temps de le lire, si bien que j’avais été voir en premier le film : The Giver sorti au cinéma il y a 2 ans de cela. Film que j’avais bien apprécié d’ailleurs car il nous offrait un monde bien particulier qui invitait à la réflexion. Ne pouvant pas faire de comparatif avec le livre je ne pouvais pas dire si c’était une bonne adaptation. Aujourd’hui je peux l’affirmer, même si le film a fait quelques modifications, dans l’ensemble la trame et l’univers du livre sont respectés, c’est assez rare pour le souligner.

Mais revenons au livre.

Je ne ferai pas de résumé de l’histoire, la 4e de couverture étant suffisamment explicite pour savoir de quoi il s’agit d’autant que les événements arrivent assez vite pour s’en rendre compte.

La vraie force de ce livre réside dans son univers si particulier avec ses propres codes où tout est régit par le Comité des sages qui prend des décisions sur tout. Même si cela doit prendre du temps pour éviter tout impair. On voit à quel point tout est structuré, que chacun à un but précis, tout semble idéal et parfait. Du moins en apparence évidemment comme dans toute dystopie qui se respecte, car oui cela reste une dystopie comme les gens n’ont pas vraiment voix au chapitre sur leur vie et qu’ils ne peuvent pas être vraiment heureux.

C’est un livre où l’action ne prime pas certes, on ne va pas avoir de scène de bataille et de révolte donc si vous cherchez de l’action pure et dure ce n’est clairement pas le principe de ce livre. Mais il permet de se poser beaucoup de questions et invite à la réflexion, ce qui est souvent le but des dystopies, de faire prendre conscience qu’il y a des choses dans la société qui ne fonctionne pas et dont il faut se méfier, etc. Pour justement éviter d’en arriver à cette situation. Dans les ¾ des cas, le futur est merdique et l’humain menacé…

Les moments où Jonas est avec le passeur, le précédent dépositaire de la mémoire, nous invite à découvrir le monde qui existait avant l’Unique et de se poser des questions par rapport à la situation actuelle. L’Unique permet d’éviter tout conflit, des guerres car tout le monde est logé à la même enseigne, c’est l’égalité des chances, des savoirs où chacun peut trouver sa place en ce monde en lui attribuant des tâches en fonction de ses capacités, etc. Mais est-ce vraiment une société idéale ? Est-ce vraiment une société égale où tout le monde à ses chances et où tout le monde peut faire ses propres choix ?

C’est un univers qui invite à la réflexion dans ce sens et le Passeur invite Jonas, le dépositaire de la mémoire a prendre conscience de tout cela lorsqu’il vient à découvrir le monde tel qu’il était avant avec ses défauts mais aussi ses qualités. Jonas va être confronté à cette dualité, dans toute chose bonne il y a toujours le revers de la médaille, malheureusement, il va l’apprendre un peu à ses dépends. Et aussi bien dans le film que dans le livre, ça m’a fait mal au cœur de voir le constat…

Le passeur est un roman intéressant pour cela et je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Alors il est vrai que comme j’ai vu le film, je savais plus ou moins ce qui allait se passer – et j’ai donc pu constater que le scénario du livre était respecté pour celui du film – mais cela ne m’a pas dérangé pour autant parce que j’ai vraiment adoré découvrir la plume de l’auteur qui est très agréable à lire et fluide mais aussi de voir l’univers d’origine.

Quant à l’intrigue, elle est plutôt lente et on est très centré sur la relation entre le passeur et Jonas, sur son ouverture sur le monde qui l’entoure qui va lui faire prendre des décisions importantes pour l’avenir. Jonas est un adolescent intelligent qui est ouvert, d’où le fait qu’il soit devenu le futur dépositaire de la mémoire, il n’a pas été choisi pour rien et c’est grâce à cela qu’il pourra faire bouger les choses, à sa manière. Comme lui on est avide de connaissance et de savoir, de découvrir cet ancien monde, même si parfois la réalité est dure à appréhender. Mais c’est aussi cela l’apprentissage, on ne peut pas faire l’impasse sur certaines choses car c’est cela nous rend tout simplement humain. Sans certaine faculté et connaissance, est-on simplement complet ? Le débat est ouvert ! Et la question de l’élargissement pose aussi beaucoup de questions mais pour ceux qui ignorent ce que c’est, je ne développerai pas davantage ici.

Le passeur est le premier tome d’une tétralogie mais les suites ne sont pas sur les mêmes personnages mais d’autres que l’on a pu rencontrer mais dans le même univers. Je suis bien curieuse de voir ce que cela va donner, notamment le 4e : Le fils, puisqu’il y a un lien direct avec ce premier tome.

En bref, Le passeur est un roman très intéressant que je vous invite vivement à découvrir tant par l’écriture de l’auteur qui est superbe, que par l’univers proposé et qui invite à la réflexion ou même à l’intrigue qui permet de voir une certaine évolution chez les personnages qui vont tenter de changer la donne sur cette société en apparence idéale. En apparence seulement… Un roman à découvrir de toute urgence.

Bande annonce du film

Commentaires

  1. Coucou, je viens de lire ta chronique et je suis d'accord avec toi.Ce roman est le précurseur de la dystopie et je le trouve bien mieux que les sagas actuelles (même si je les apprécie tout de même). Néanmoins, je pensais qu'il s'agissait d'une duologie et non d'une tétralogie. J'ai lu le dernier apparemment. Je l'ai beaucoup aimé aussi. Quels sont les noms des deux autres tomes?

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    1. Alors dans l'ordre c'est

      Le passeur (école des loisirs)
      L'élue (folio junior)
      Messager école des loisirs)
      Le fils (école des loisirs)

      à chaque fois on change de personnages mais il y a un lien entre chaque. et donc techniquement c'est une tétralogie :)

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    2. Désolé, je viens seulement de voir la réponse. ma boîte mail a eu un bug apparemment. Il ne me manque que le messager alors.
      Merci pour l'information.

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  2. J'ai adoré ce roman, sans savoir à l'époque qu'il y avait une suite que je vais essayer de me procurer :D

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  3. J'avais beaucoup aimé le film même si j'ai trouvé l'ambiance assez bizarre :p Je ne me souvenais plus qu'il y avait un livre par contre : mais c'est noté dans ma wishlist maintenant et ce grâce à toi ! ^^

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