Une braise sous la cendre de Sabaa Tahir (Une braise sous la cendre 1)

Quatrième de couverture

« JE VAIS TE DIRE CE QUE JE DIS À CHAQUE ESCLAVE QUI ARRIVE À BACKCLIFF. LA RÉSISTANCE A TENTÉ DE PÉNÉTRER DANS L’ÉCOLE UN NOMBRE INCALCULABLE DE FOIS. SI TU TRAVAILLES AVEC LA RÉSISTANCE, SI TU CONTACTES SES MEMBRES, ET MÊME SI TU Y SONGES, JE LE SAURAI ET JE T’ÉCRASERAI. »

Autrefois, Érudits et Martiaux vivaient en paix. Mais les soldats ont pris le pouvoir sur les savants et les armes ont remplacé les livres. La loi de l’Empire est implacable : quiconque écrit risque la mort. Pour sauver son frère, Laïa, une Érudite de 17 ans, s’engage comme esclave à l’académie militaire de Backcliff. De son côté, Elias, meilleur soldat de l’académie, est pressenti pour devenir le nouvel empereur. C’est dans cette école-prison que leurs destins se croisent… Ensemble, ils vont rejoindre la Résistance et lutter pour la liberté.

Mon avis

Voici un livre qui me tentait bien, que ce soit par cette couverture qui est magnifique (et en VF ça sera a priori la même) que par le résumé qui pouvait être intéressant. Lorsque j’ai commencé ce livre, je dois avouer que cela se lisait bien, l’écriture est plutôt agréable, on se laisse facilement bercer mais sans plus, rien qui puisse le sortir du lot.

L’histoire est assez classique, du moins, c’est ce que je pensais au début de ma lecture… Au final, j’ai totalement changé d’avis et j’ai totalement adhéré à ce livre. Je vous le recommande chaudement parce qu’il ne faut jamais se fier aux apparences. Ce serait vraiment dommage de passer à côté parce qu’il a de nombreuses qualités, ce n’est pas un coup de cœur mais cela n’en reste pas moins un très bon premier tome dont j’ai désormais hâte de lire la suite !

Je ne ferai pas de résumé de l’histoire, la 4e de couverture étant suffisamment explicite pour savoir de quoi il s’agit, d’autant que les événements arrivent assez vite pour se rendre compte de tout cela.

Comme je le disais, au départ, je trouvais que c’était assez classique, que ce soit dans la description de l’univers : deux peuples : les Martials et les Erudits, l’un a asservi l’autre, ils sont devenus esclaves et leurs sorts importent peu. Rien d’extraordinaire, c’est le genre de chose que l’on retrouve facilement dans la Fantasy, et pourtant, lorsqu’on se rend compte de ce que cela implique d’appartenir à un peuple ou à un autre… Je ne sais pas vraiment quel est le pire des deux finalement… Même si évidemment le sort des Erudits est peu enviable, être un Martial n’est pas toujours évident non plus.

Par ailleurs, l’histoire comporte une double narration, nous avons à la fois le point de vue à la première personne de Laia et celui d’Elias. Là encore, il s’agit de quelque chose d’assez classique, ce n’est pas la première fois que je lis un livre à deux voix, donc rien d’extraordinaire. Et pourtant… Au fur et à mesure de ma lecture, j’ai vu tout le potentiel de l’histoire ainsi que l’univers construit par Sabaa Tahir qui se détache du lot. On prend aussi conscience que cette double narration est plus que nécessaire pour mieux se rendre compte de ce qui se passe d’un côté que de l’autre. Ainsi le lecteur en sait beaucoup plus que ces personnages mais ce n’est pas pour cela qu’il ne sera pas surpris. Mais j’en reparlerai un peu plus tard. Pour revenir sur la narration, j’ai trouvé ça vraiment très bien le fait qu’aucune des voix ne prend le pas sur l’autre. Elles sont égales, chacune criant son envie de liberté mais pour y parvenir, il va falloir faire un certain nombre de sacrifices. Mais sauront-ils capables d’en accepter le prix ?

Le second point fort du livre est que l’action arrive assez tôt, pas besoin d’attendre longtemps avant que le frère de Laia ne soit enlevé, qu’elle se soit échappée et qu’elle trouve les rebelles de la Résistance pour ensuite jouer les espionnes. C’est une très bonne chose, au moins on rentre dans le vif du sujet et ce, dès les premières pages. Il y a tout de même une petite présentation mais assez rapide et une fois la fuite de Laia et l’enlèvement de son frère, on n’a plus un moment à soi pour reprendre son souffle. Il en va de même pour Elias, on sait assez rapidement à quoi s’attendre avec lui, ce qu’il cherche à faire, mais évidemment ses plans vont être plus ou moins compromis. On cherche évidemment le moment où ces deux-là vont finir par se rencontrer, de quelle manière, etc.

Les rebondissements sont nombreux, Et même si, inconsciemment, on s’attend à certaines choses, on reste surpris et on se prend une claque quand les révélations se font, parce qu’elles peuvent faire mal et impliquer des problèmes encore plus grand. Le livre est bien rythmé et cela grâce aux deux voix qui m’ont plus d’une fois frustré. L’auteure a l’art et la manière de couper au moment où il ne faut pas, changeant ainsi de focale et donc de personnages. Je n’aime pas quand les auteurs font ça, c’est énervant mais cela nous force à lire plus vite pour savoir ce qui va advenir de l’un ou de l’autre. C’est finement joué, ça donne envie de continuer.

Ensuite, en ce qui concerne l’univers, il est vraiment intéressant, car s’il est comparé à la Rome antique, à raison, il en ressort d’autres choses dont je tairai la nature pour ne pas spoiler. Mais c’est bien plus qu’un univers politique avec deux peuples, le premier ayant asservi le deuxième et où l’on voit la lutte des pouvoirs, et une Résistance qui s’installe pour lutter contre cela. Evidemment, c’est bien plus que cela, sinon oui, cela serait vraiment banal, ce que je pensais au départ. Mais rapidement, au fur et à mesure on voit ce que tout cela cache, les implications aussi. J’ai trouvé l’idée de l’auteure très bonne et elle apporte une autre dimension à ce récit.

Au début de cette chronique, je disais que l’écriture de l’auteure était agréable à lire, mais ce qu’il faut dire de plus, c’est qu’elle parvient à nous faire ressentir un tas de choses à travers ses mots. Elle arrive à rendre compte de la cruauté, de la douleur et des difficultés que rencontrent Laia et Elias, surtout elle, qui va avoir vraiment une vie horrible en tant qu’esclave. C’est parfois difficile à travers des mots de nous faire rendre compte de tout cela mais l’auteure y parvient parfaitement et il y a des passages vraiment dur.

Un autre aspect qui est intéressant dans ce livre c’est que l’auteure ne nous ménage pas. certes, il s’agit d’un livre jeunesse, mais c’est tout de même adressé à des adolescents, de grands adolescents donc on ne nous épargne pas les aspects les plus durs et cruels. Ce n’est pas non plus une démonstration de toute l’horreur possible, en thriller et autre livre pour adulte ça peut être pire, mais étant donné la nature de certains personnages, de la situation, elle n’édulcore pas les choses. Ce qui se passe sous nos yeux est horrible et à travers ses mots elle parvient à nous le rendre parfaitement, ainsi, on se retrouve vraiment immergé dans son univers, comme si on y était. Une excellente chose en soi car l’auteure nous happe totalement et nous fait vivre tout cela à la place de ses personnages, comme si on y était.

Le dernier point fort de ce livre réside dans ses personnages. En effet, nous découvrons donc intimement Laia et Elias, ce qui nous permet de nous attacher à eux, de les comprendre et de les voir évoluer. D’ailleurs, entre les deux, celui qui a la plus belle évolution c’est Laia. Petite fille un peu surprotégée, un peu faible, elle va devenir une vraie jeune femme avec un fort caractère et une envie de vivre qui envierait un bon nombre de gens. En même temps, vu les épreuves auxquelles elle est confrontée, il n’aurait pas pu en être autrement. En ce qui concerne nos héros, on ne peut que s’y attacher, compatir à leur situation qui n’ont rien d’enviable, que ce soit d’un côté ou de l’autre et l’on comprend leur envie de fuir à tout prix. La psychologie est ainsi bien développée et j’avoue que c’est ce qui m’intéresse fortement dans les livres, d’où l’utilité de la première personne pour savoir ce qui se trame dans leur tête.

Les personnages principaux sont vraiment excellents mais il en est de même pour les secondaires qui les mettent vraiment bien en avant, que ce soit Hélène, l’amie d’Elias qui a une place vraiment importante au cœur de cette histoire ou encore Keenan, Cuisinière ou Fille de cuisine. Mais eux non plus ne sont rien face à CE personnage si charismatique, si antipathique, si méprisable (et on peut continuer très longtemps avec des mots bien plus vulgaires et imager pour la décrire), La Commandante qui est juste affreuse. L’auteure a su créer un personnage machiavélique au possible que l’on adore détester.

En bref, Une braise sous la cendre est une vraie surprise pour moi, je ne pensais pas adhérer à ce point-là. D’une histoire qui semblait assez classique et banale, je me suis retrouvée avec une incroyable aventure, qui est bien plus dure qu’il n’y paraît et un univers complexe qui commence à se dévoiler. Les personnages créés par Sabaa Tahir sont juste excellents, on s’y attache ou l’on adore les haïr, de quoi nous faire ressentir toute sorte d’émotions en suivant leur histoire. Un livre à découvrir de toute urgence, patience, plus que quelques mois pour la lecture en VF.

Commentaires

  1. Oh une nouveauté à venir chez PKJ !!! La couverture est mystérieuse et très belle. Même si je l'a trouve un peu chargé... L'Histoire semble intéressante et je dois avouer que ce livre pourrait me plaire. C'est l'fun d'avoir de belles découvertes surprises! Je le note et attends de voir d'autres avis...

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    Réponses
    1. je trouve que ça va bien avec l'ambiance du livre, j'aime bien moi la couv ^^

      l'histoire est superbe, classique en apparence mais en fait pas du tout, c'est vraiment génial

      et les avis sont plutôt bons pour ceux qui l'ont lu

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