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22/05/2018

Apollon, désolantes passions de Louise Roullier

Quatrième de couverture

Pauvre Apollon ! Il a beau rayonner de beauté, il ne parvient pas à trouver compagne. Cette fois, c’est décidé, il se lance en quête de l’Amour, du vrai, du beau, avec un grand alpha ! Et, tout feu tout flamme, il le cherchera partout, aussi bien chez les nymphes que chez les jolies mortelles et les beaux éphèbes. Mais, à cause de rivaux rusés, de sautes d’humeur, ou de techniques de drague contestables, sa vie amoureuse se révèle plus désastreuse que prévu...

Pauvre Argos ! Ses habitants supplient Apollon de leur venir en aide. Dans cette ville qui a accueilli le dieu solaire en personne, un tueur insaisissable s’en prend aux nourrissons. Est-ce un dément ? un monstre ? une malédiction ? Quel rapport entretient-il avec la princesse Psamathé, disparue mystérieusement juste avant la série de meurtres ? Koroïbos, un jeune guerrier d’Argos, décide de traquer l’assassin, quitte à dévoiler les secrets les plus noirs de la cité, et la face sombre d’Apollon.

Si Zeus et Poseïdôn vous donnent des complexes, jetez donc un œil aux amours calamiteuses du bel Apollon ! Louise Roullier a réuni un sacré dossier : envolées lyriques, questions éthiques, duels poétiques, oracles mystiques, châtiments iniques, tout en révisant les figures de rhétorique, et en musique, bien évidemment ! Bientôt, vous saurez tout des vers dactyles infantiles et de l’Apollon grognon.

Mon avis

Apollon, Désolantes passions est le nouveau roman mythologique de Louise Roullier. Ayant beaucoup aimé les deux livres précédents, dédiés à Poseïdôn et Dionysos, j’avoue que j’étais très curieuse de découvrir celui-ci, centré sur Apollon et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle a l’art et la manière de raconter la mythologie. Si vous ne connaissez pas ses romans, il n’est pas trop tard pour les découvrir parce que c’est vraiment très drôle et bien fait. Je suis toujours aussi conquise.

Comme pour les deux précédents ouvrages, le roman est partagé en deux parties. La première est consacrée au journal intime d’Apollon. Il nous raconte donc sa vie, ses amours qui sont souvent compliquées… C’est le moins que l’on puisse dire. On arriverait presque à le plaindre d’avoir autant de malheurs, j’ai bien dit « presque ». Il n’arrive pas à trouver quelqu’un mais on ne peut pas dire qu’il se soucie de savoir si la personne, femme comme homme est consentante… surtout envers les femmes. Après tout, c’est un dieu, il se croit tout permis, mais il va aller de déconvenue en déconvenue face à toutes ces femmes que se refusent à lui ou qu’il abandonne après avoir obtenu ce qu’il voulait. Bref, pas le genre à plaindre si on y réfléchit bien.

Ce qui est intéressant c’est que bien que l’on soit dans la mythologie, donc dans une « époque lointaine et antique », Louise Roullier ancre son histoire dans notre modernité. Les références sont nombreuses, comme par exemple la Manif pour tous, les « balance ton porc » renommé à l’occasion « Balance ton dieu », etc. Il est vrai qu’Apollon, ce bellâtre dont toutes les femmes devraient raffoler n’est pas un dieu si recommandable que ça quand on creuse la question. Comme je l’ai dit, le consentement n’est pas une notion qu’il connaît, les viols sont ainsi fréquents. Du coup, on s’amuse de voir toutes ces références, cette manière de parler grandiloquente, etc. Cela correspond bien au personnage et finalement on s’amuse à ses dépens, même Hermès se moque de lui par moment, c’est dire.

Sous couvert d’une plume légère et drôle, avec un certain anachronisme par rapport à des faits très modernes, on découvre donc la vie amoureuse d’Apollon, les différents mythes où il entre en scène et je dois dire que c’est intéressant comme approche pour aborder la mythologie. C’était déjà le cas avec les deux autres ouvrages de l’auteur. Dès les premières pages, rien que dans le ton, ça prête à sourire. On a là un gros baratineur qui se plaint de ne pas trouver l’amour mais quand on voit son comportement, en même temps, ça paraît juste normal ! Du coup c’est pour ça que sur la couverture du livre il « tire la gueule » (ce sont les propos de l’auteur en préambule).

Des notes de bas de pages figurent, il s’agit de l’intervention d’Hermès, le dieu messager, qui ajoute ci et là des informations explicatives sur certains faits, qu’Apollon n’a pas nécessairement envie d’expliciter. Lui aussi est plutôt amusant comme personnage et ses notes sont parfois très longues. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé l’introduction qui met en scène Hermès. Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler le début de l’ouvrage, mais comme entrée en matière, je dis chapeau à l’auteur !

Dans la deuxième partie intitulée Le Fléau d’Argos, on retrouve un mythe en particulier, celui de Psamathé où Apollon va évidemment entrer en scène et faire quelques ravages… Dans la première partie, Apollon évoquait très rapidement cet épisode, que l’on retrouve donc plus en détail ici. Ecrit à la manière d’un thriller à suspense, on découvre cette histoire qui est assez horrible, il faut le dire.

On voit ici tout le talent de l’auteur, car on change totalement de registre. Un autre narrateur plus omniscient nous raconte cette histoire et le ton change du tout au tout. Fini la légèreté, on est plus dans la gravité, quelque chose de plus soutenue, très littéraire (bien que la première partie le soit aussi). Et le changement entre les deux parties est radical, ce sont deux manières d’écrire totalement différente et montre que l’auteur a plus d’une corde à son arc !

Et le petit bonus de la fin est que l’on retrouve un glossaire pour expliquer certains termes, et aller plus loin dans la démarche. Le petit making of de l’auteur et de l’éditeur qui explique un peu plus les secrets de fabrication du livre. C’est toujours très instructif et bien sympathique à lire à la fin du livre.

En bref, Apollon, Désolantes passions est un roman qui m’aura bien plu, à l’image des deux autres livres de l’auteur sur la mythologie. La manière dont elle aborde la mythologie est intéressante, toujours en deux parties avec le journal intime du dieu concerné et un récit plus « sérieux » qui évoque un épisode mythologique. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cet ouvrage et j’espère qu’il en sera de même pour vous lorsque vous le lirez. Une lecture détente parfaite pour appréhender la mythologie et voir les dieux sous un nouveau jour.

2 commentaires:

  1. Aimant bien les romans mythologiques, je note celui-ci avec plaisir d'autant qu'il semble original autant dans le style de la narration que dans la vision qui nous est offerte d'Apollon. Merci pour la découverte :)

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