Le cartable aux fraises de Mary Orchard et Amandine Meyer

Quatrième de couverture

Pour son entrée à l’école, Armand choisit un magnifique, prodigieux et ébouriffant cartable orné de fraises. Fou de joie, il s’empresse de le montrer à tout son entourage... jusqu’au moment fatidique où sa nounou affirme : « Les fraises, c’est pour les filles. » Armand ne comprend pas, lui qui aime tant les fraises...
La rentrée approche, et il ne sait plus s’il aime toujours autant son cartable. Et si on moquait de lui ? Heureusement, ses parents et le maître sont bien décidés à lui prouver que tout le monde peut aimer les fraises !

Mon avis

Quand j’ai eu vent de cette sortie, j’étais tellement impatiente de le découvrir donc il est tout à fait lorsque que lorsque je l’ai eu entre les mains, je n’ai pas pu m’empêcher de me jeter dessus et le lire. Ça a été une très belle lecture, même si, bien évidemment, le contenu et le contexte de cette histoire (car c’est basé sur fait réel) est assez triste dans le fond… Mais en tout cas, c’est un album à lire encore et encore !

Mais de quoi parle Le cartable aux fraises ? Armand est un petit garçon qui va faire sa première rentrée scolaire. Pour cela, il lui faut un cartable alors il se rend dans un magasin pour en choisir un (et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a du choix et qu’ils sont tous très beaux !). Armand jette son dévolu sur un cartable avec des fraises parce qu’il adore les fraises (en même temps, c’est trop bon !) mais lorsqu’il le montre à sa nounou, elle lui fait la remarque : « Les fraises, c’est pour les filles. »


Autant dire que ça a calmé l’enthousiasme d’Armand qui ne comprend pas en quoi c’est un cartable pour les filles. Et désormais, il a peur que l’on se moque de lui à l’école, il a tellement peur qu’il en parle à ses parents et à son nouveau maître qui vont, ensemble, le rassurer.

C’est une très belle histoire même si, comme je le disais, est un peu triste dans le fond car la remarque de la nounou a blessé ce petit garçon qui ne comprenait pas en quoi son choix était mauvais. Alors qu’il n’en est rien, l’essentiel est que ça lui plaise, les autres n’ont pas leur mot à dire dessus.


Cela montre qu’il y a encore du boulot sur tout ce qui est genré et cela commence dès l’enfance. La société nous conditionne à aimer certaines choses en fonction du genre plutôt que du goût personnel : le bleu pour les garçons, le rose pour les filles, etc. Alors qu’en vérité, le bleu est la couleur préférée de beaucoup de gens, notamment des filles, c’est paradoxal et le bleu était attribué à une certaine femme et le rose a un certain homme dans la représentation artistique… (mère et fils pour vous mettre sur la piste). La société change et évolue et les normes changent et évoluent (et c’est devenu de plus en plus sexiste au cours du temps, malgré certaines avances d’un côté, on régresse de l’autre).

Et ce qui est aussi gênant dans cette affaire, c’est que sans cette remarque, à aucun moment Armand ne se serait demandé si, au regard des autres, cela allait poser un problème qu’il choisisse un cartable avec des fraises dessus. C’est ce modèle qui lui plaît et ce qu’en allait penser les autres n’était pas dans ses préoccupations, mais avec cette remarque, la notion du regard de l’autre est venu s’immiscer et ça l’a perturbé et blessé.

La conclusion : laissez les enfants tranquilles, laissez-les être libre de choisir et d’être eux-mêmes en fonction de leur goût, pas des vôtres. Et comme on dit : « si on ne peut pas changer quelque chose en moins de quelques secondes, alors garde tes commentaires pour toi ».

Un album très fort pour son contenu, bien qu’il y ait très peu de textes, ce qui sera parfaitement compréhensible pour les plus jeunes lecteurs, le tout sublimé par les illustrations d’Amandine Meyer qui a fait un travail remarquable ici. C’est vraiment très beau et clairement, ce cartable est magnifique, il a bien eu raison de le choisir.

En bref, Le cartable aux fraises est un album qu’il faut mettre entre toutes les mains. Cela montre qu’il y a encore du travail sur le fait de tout genrer, un peu tout et n’importe quoi, surtout lorsqu’il s’agit d’affaire d’enfants. Laissons-les faire leur propre choix, de développer leur goût personnel sans que des a priori viennent tout gâcher, d’autant plus quand le commentaire est malvenu. Un très bel album même si dans le fond c’est triste qu’il existe, car basé sur fait réel et que cela a blessé un petit garçon qui voulait juste avoir un cartable qui lui plaisait, en fonction de ses propres goûts.

À partir de 3 ans.

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