Les péchés de nos pères de Lewis Shiner

Quatrième de couverture

A la manière de Chinatown, Lewis Shiner outrepasse ici les limites du thriller pour nous offrir une véritable fresque sociale et humaine, construite autour d'un épisode honteux et bien réel de l'histoire des Etats-Unis.
Lorsque Michael Cooper arrive à Durham pour accompagner son père mourant, il ne connaît que très peu de choses de la ville. C'est pourtant le berceau de sa famille, ses parents y ont vécu jusqu'à ce qu'il vienne au monde. Et c'est à Durham qu'il va faire une étrange découverte concernant sa naissance.
Celle-ci n'est qu'un des nombreux secrets et non-dits familiaux, qui tous semblent liés à la destruction du quartier noir de la ville à la fin des sixties. Bientôt, il découvre que, à l'époque, ce haut lieu de la culture afro-américaine, symbole de liberté dans une région très conservatrice, a été endeuillé par un meurtre jamais élucidé.
L'assassinat d'un homme, la mort d'un quartier, d'une culture, Michael va devoir faire toute la lumière sur ces événements afin de lever le voile sombre qui recouvre son identité. C'est le début d'une course contre la montre à l'issue incertaine.
Comment l'histoire d'un pays influe sur l'histoire individuelle, comment les fils doivent affronter les péchés de leurs pères, tels sont quelques-uns des thèmes évoqués dans ce roman à l'intrigue palpitante, qui est aussi un chant d'amour à la culture noire et une évocation enflammée des luttes sociales des années 1960.

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Sonatine de m’avoir permis de lire ce livre. je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à ça en le prenant, mais finalement, ça a été une bonne surprise, ce n’était pas tout à fait ce que j’espérai ce qui fait que mon avis est plus « négatif » qu’il aurait pu être alors… mais ça a tout de même été une bonne lecture et je ne peux que le recommander.

Michael, 35 ans, dessinateur de BD se rend à Durham parce que son père est hospitalisé, sur son lit de mort des suites d’un cancer. Ses parents ont longtemps vécu dans cette ville, et pourtant lui, ne la connait pas du tout et en trainant par-ci, par là, en retournant chez sa famille ou des gens qui les ont connu, il va découvrir des choses étranges sur son compte. Avide d’en découvrir plus, il va forcer ses parents, son père en premier lieu à lui avouer la vérité. Mais il n’est pas disposer à lui parler, quand bien même il va mourir. Michael va continuer ses recherches et finir par découvrir une vérité qui va entièrement bouleverser sa vie et c’est là que son père finit par lui parler de son passé. Ainsi, on est plongé dans les années 60 (entre 1962 et 1970), où l’on va découvrir une société dans laquelle les communautés raciales s’affrontent, où l’état d’une ville va à jamais changer suite à la construction d’une autoroute. Et à travers ce récit des plus troublants, Michael va finir par comprendre ses origines mais également ce qui se passe de son temps. Les secrets de famille pèsent souvent lourd sur le cœur mais cela peut avoir beaucoup plus d’incidences qu’on ne le croit.

Je n’en dirais pas plus sur l’histoire même, la quatrième de couverture en en dévoilant suffisamment comme ça pour se faire une idée un peu plus précise de l’histoire. Le thème « des secrets de famille » est un thème très riche, souvent exploité, mais toujours de manières différentes et j’avoue que j’aime bien, surtout quand c’est mêlé au thriller, ça rend l’histoire vraiment plus intéressante. Donc j’avais hâte de découvrir ce livre. Le fait que ça se passe aux Etats Unis, dans les années 60, apportent là encore beaucoup plus puisqu’on a droit à « l’affrontement » entre les noirs et les blancs. Donc il y a aussi cet aspect là, sans compter l’histoire du meurtre non résolu qui ancre bien l’histoire dans le thriller, donc ce livre ne pouvait que me plaire. Il y a ainsi différents thèmes dans cette histoire et c’est pour ça que j’ai voulu le lire et franchement, je n’ai pas du tout été déçue dans l’ensemble, même s’il y a une chose que je pourrais lui reprocher.

Donc je vais commencer par ça, pour finir sur une note plus enjouée parce que malgré tout, j’ai quand même apprécié ce livre et qu’il vaut la peine d’être lu, seulement avec la 4e de couverture on peut s’attendre à une chose, alors que le contenu est quelque peu différent. Mais avant toute chose, je dois dire que l’écriture de l’auteur est vraiment agréable à lire et fluide. On parcourt les pages relativement avec aisance, mais l’épaisseur du livre et la « complexité » de l’histoire fait que ça ne se lit pas rapidement.

Comme je l’ai dit, La seule chose qui m’a « un peu déçue » ou qui explique pourquoi ce livre n’est pas un coup de cœur ou très proche du moins, c’est la manière dont le scénario a été créé. Je m’explique : l’histoire commence en 2004, avec Michael qui veut connaître ses origines, savoir enfin la vérité sur sa famille… et au lieu d’intégrer les éléments, les révélations faites à Michael tout au long du texte, on a de longs passages qui se déroulent dans les années 60, et cela par deux fois, la première étant la plus longue qui prend au moins un tiers du livre. Quelque part ce procédé est intéressant parce que ça permet de tout comprendre d’un coup et d’avoir un visuel plus large de la situation etc. Seulement, je trouve que ça coupe trop l’action qui commençait à venir quand on était avec Michael, et on a la sensation de lire finalement deux histoires en parallèle sans comprendre où l’on va. Ici, on sait ce que cela veut dire, pourquoi on a ce récit, mais je ne le trouve pas bien intégré et ça fait vraiment effet « bloc » en plein milieu du livre. La période est assez longue, 8 ans, ce qui renforce ce sentiment. On a ainsi toute l’histoire du père de Michael, qui lui explique vraiment tout ce qui s’est passé, nous permettant de comprendre (nous lecteur et Michael en même temps) la situation.

Je ne nie pas que c’était très intéressant et une bonne idée d’avoir directement toute l’histoire de A à Z pour ne pas avoir les informations au compte goutte ou ne pas comprendre parce qu’il nous en manque justement. Seulement ça fait un effet masse en plein milieu du livre et je trouve que ça casse le rythme. Autant lorsqu’on est en 2004 avec Michael, le rythme est assez soutenu, on sent la tension monter petit à petit et avec ce récit… on la perd. La plupart du temps c’est lent, il ne se passe pas grand-chose, du coup ça ralentit beaucoup et… je ne me suis pas ennuyée parce que c’était quand même intéressant de « voir » comment ça se passait, et qu’on comprend du coup tout ce qui se passe, mais dans le récit même, je trouvais que ça alourdissait plutôt qu’autre chose. Je pense que certaines personnes avides de thriller, qui sont vraiment haletant avec une tension perpétuelle qui ne fait qu’augmenter, s’ennuieront franchement et c’est dommage parce que ce livre en vaut vraiment la peine.

Ce choix dans le scénario était compréhensible, mais je trouve que ça ralentissait l’histoire alors que quand on regarde l’ensemble… c’est vraiment une histoire intéressante et franchement bien menée. Le livre est assez épais, il fait dans les 600 pages, donc ça peut en rebuter certains et d’avoir un tel bloc en plein milieu, ça peut décourager, et avoir la sensation de ne pas du tout avancer. En dehors de ça, l’intrigue était vraiment très intéressante et bien menée. L’histoire est ancrée dans une réalité relativement proche et plus ou moins encore d’actualité par certains aspects donc ça a un impact plus grand quand on lit ce livre parce que même si ça reste une fiction, dans les faits, il y a pas mal de choses qui sont vraies. Le mélange du passé et du présent était bien fait aussi, on a vraiment envie de savoir la suite, c’est juste, comme je l’ai signalé plus tôt, que c’est un peu lent, trop lent pour un thriller (du moins ceux que j’ai lu jusque là, était plus haletant et rapide par certains aspects, donc ça m’a surprise). Mais bon, en dehors de ça, c’était vraiment un très bon livre.

Les personnages sont multiples, ont différentes facettes. Michael est en quête de vérité, mais il est loin de se douter de ce qu’il va découvrir et de ce qu’il va devoir faire. C’est un personnage attachant, on a envie de l’aider dans sa quête. Son père, qui bien que mourant aura toute une partie pour lui, donc on apprend à le connaitre, tout comme la mère de Michael, Ruth. Personne n’est entièrement noir ou blanc (sans mauvais jeu de mots) c’est juste que certains cachent bien leur jeu et jusqu’au bout je me serais fait avoir parce que je ne m’attendais pas du tout à ça. Jusqu’au bout, l’auteur maintient son suspense et nous mène en bateau. La fin précipite un peu les choses, on sent la tension monter, jusqu’à ce que tout se résolve et ça c’est vraiment génial, ce qui donne de l’intérêt à ce livre.

En bref, ce livre est une bonne découverte en dépit du « problème » énoncé plus haut. C’est un choix de l’auteur, ça peut se discuter, c’était pas mal et de l’autre, peut être un peu lourd de tout mettre d’un coup… bon, chacun voit comme il veut pendant sa lecture. Moi, je trouve que ça m’a un peu ralenti dans ma lecture, ce qui est un peu dommage, vu que dans l’ensemble j’ai vraiment apprécié ma lecture, que c’est un très bon livre. Après, il faut juste savoir dans quoi on s’embarque. A lire !


Challenge Lire ou Mourir : HIVER

Commentaires

  1. C'est dommage pour ce petit bémol de flash backs un peu longs...

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    1. oui un peu dommage pour ça, mais sinon c'est vraiment un bon livre :D

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