Interview d'Anne-Sophie Silvestre

Moi (gauche) et Anne-Sophie Silvestre (droite) au Salon du livre de Paris 2013

Bonjour Anne-Sophie Silvestre, merci de bien vouloir répondre à quelques questions.

Bonjour, Mélisande. Merci d’avoir eu l’idée de me les poser.

Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Hummmfff… Je… je…
Disons que j’aime bien inventer des histoires et les écrire, mais ça je suppose qu’on s’en serait douté. J’aime aussi aller à la plage, regarder le ciel sans rien faire, écrire des poèmes pas terribles, prendre des photos de vagues et d’arcs en ciel, jouer de la guitare très mal, et boire une bière au soleil sur une terrasse.

Pouvez-vous nous présenter brièvement vos livres ?

Je me suis étonnée moi-même récemment parce que je les ai comptés pour la notice bio d’un salon (je ne suis pas bio du tout, je mange plein de junk food, note sans aucun intérêt), et il y en avait 38, je n’aurais pas cru tant. Bon, il y a là-dedans des nouvelles et des histoires courtes pour les bouts de choux (en québécois, on dit les « Ti-culs », et ça c’est intéressant parce que c’est super mignon), mais il a aussi des bouquins à l’épaisseur respectable. 

Dans les plus récents, il y a la série Le Chevalier d’Eon, agent secret du Roi. Le roi, c’est Louis XV, nous sommes dans les années 1750, le chevalier a vingt ans. Sa particularité est de savoir se vêtir en femme pour accomplir ses missions, particulièrement celles qui relèvent de l’infiltration. Pas de transsexualisme chez mon chevalier, il est un acteur de génie. Nous en sommes au tome 4, il a déjà parcouru un bon bout de l’Europe et en a rapporté une bonne valise de secrets. C’est normal, c’est son métier.


Je mène en parallèle une autre série, Les Folles Aventures d’Eulalie de Potimaron. Le tome 1 démarre en 1677, au moment le plus solaire du règne de Louis XIV. Alors, bien sûr, il y a du Versailles, mais pas trop, ce n’est pas l’essentiel. Eulalie, qui a douze ans au début de cette histoire, n’arrête pas de bouger. Elle va de voyages en duels et de fugues en amours secrets. L’un des plus gentils commentateurs d’Eulalie (Christian de Montella, lisez ses bouquins, ils sont superbes) l’a définie ainsi : « C’est D’Artagnan en jupe et à douze ans. » Mais elle grandit, environ d’une année par tome. Nous en sommes au tome 5, elle a maintenant quinze ans. Ses défis et ses responsabilités évoluent et se compliquent, et ce n’est pas fini !

La trilogie Marie-Antoinette, c’était une démarche différente. A partir d’une documentation très riche : la correspondance entre Marie-Antoinette et sa mère l’impératrice Marie-Thérèse, et la correspondance entre le comte de Mercy-Argenteau, l’ambassadeur d’Autriche à Paris et Marie-Thérèse, qui était chargé de tout rapporter, j’ai essayé de me représenter la vie de cette adolescente de 15 ans transplantée dans cet endroit incroyable qu’était la Cour de France en 1770. Louis XV, un vieux roi libertin, triste et seul après les décès en rafale de sa maîtresse - la Pompadour – et de sa femme, de son fils et de sa belle fille, qui trouve une consolation auprès de la toute jeune et ravissante Du Barry, ex-prostituée de luxe. Le Dauphin Louis, le jeune mari de Marie-Antoinette, si seul lui aussi et si peu préparé aux responsabilités qui vont lui incomber trop tôt. Les jeunes frères et sœurs de Louis, sans parents… Je ne vais pas en raconter plus, mais mon impression est que Marie-Antoinette adolescente était une jeune fille incroyablement moderne, presque une fille d’aujourd’hui.

Pourquoi écrire de la littérature jeunesse ? Est-ce un choix délibéré ou lorsque vous avez commencé à écrire cela s’est fait naturellement et imposé ?

J’écris comme cela m’est naturel, sans penser au lecteur, comme si je n’écrivais que pour moi. D’ailleurs, tant que le bouquin n’est pas publié, je n’écris que pour moi. Et il s’est trouvé que mes histoires et ma façon d’écrire ont plu aux éditeurs jeunesse et young adult. Il m’est arrivé d’écrire des nouvelles dites « adultes », le résultat est très semblable. Les enfants et les ados sont des lecteurs charmants, toujours contents. Mais j’aime beaucoup quand les adultes me lisent, entre autres les rigolotes et érudites dames de la Société Marie-Antoinette qui sont des super fans. 

Pourquoi écrire de la littérature historique ? (que les personnages principaux soient réels ou fictifs). Et pourquoi écrire en particulier sur les XVIIe - XVIIIe siècles ?

J’ai brillamment soutenu aux dernières Imaginales que l’Histoire était un espace fabuleux pour l’imagination ; bon, il n’y a sûrement que moi qui m’en souvienne. Un roman est toujours un roman historique puisqu’il décrit un temps. Choisir de planter son roman dans une époque du passé connu impose quelques points incontournables et obstacles naturels à respecter, mais la démarche est la même.
Je me sens assez à l’aise dans les XVIIè et XVIIIè siècles, mais je n’y suis pas attachée par une chaîne. J’ai écrit d’autres bouquins qui se déroulent aujourd’hui, dans la mythologie, dans des temps préhistoriques ou imaginaires.        

Faites-vous beaucoup de recherches pour écrire vos histoires ?

Oui, beaucoup. Dès que je décris quelque chose qui existe ou a existé, je vérifie. C’est amusant et passionnant.

Et cela vous prend-t-il beaucoup de temps, avant d’entamer l’écriture à proprement dite du livre ?

Pas une minute. Je me lance dans l’écriture (c’est une image, mais je la trouve assez exacte : un plongeon) et je fais mes recherches au fur et à mesure.  

De quelle manière écrivez-vous ? Plutôt avec un plan très détaillé (vous savez donc précisément ce que vous devez écrire et à quel moment) ou bien vous avez une brève idée de l’histoire et vous vous laissez emporter par elle et par le « choix » de vos personnages ?

Pas de plan. En général, j’ai une idée du début et vaguement de la fin. Le milieu est dans le flou et se construit par degrés. Je ne fais jamais de fiches de personnages, ça me barbe et, de toute façon, ils changent tout le temps.

Avez-vous une écriture plutôt chronologique et linéaire ou plutôt désordonnée avec plein de va-et-vient ?

Plutôt linéaire.

 Est-il plus facile d’écrire sur un personnage (héros) qui a existé (comme Le Chevalier d’Eon ou Marie-Antoinette) ou bien sur des personnages fictifs ? (comme Les Folles Aventures d’Eulalie de Potimaron) ?

Il me semble que c’est la même chose.

La série Les Folles Aventures d’Eulalie de Potimaron est un livre illustré (le nom de l’illustratrice apparaît même sur les couvertures, montrant ainsi leur importance), est-ce un choix de votre part lorsque vous avez décidé d’écrire l’histoire ou est-ce un choix de l’éditeur ?

Un choix commun. Mais le texte de A nous deux, Versailles ! était déjà terminé quand cette décision a été prise, comme quoi cela ne change pas ma manière d’écrire. C’est un plus, un cadeau pour les lecteurs.

Comment la collaboration avec l’illustratrice s’est faite ?

Au mieux. Amélie Dufour est charmante, enthousiaste, et elle aime réellement Eulalie et ses aventures, ce qui se ressent dans ses dessins.

Merci beaucoup pour cette interview !

Commentaires

  1. Merci à toi Mélisande pour le partage de cette interview d'auteur sympathique que tu as retranscrite avec minutie et précision d'autant plus agréable que si l'on aime l'auteur et que l'on écrit un peu ça fait tout de suite écho
    Merci donc doublement pour la nature de tes questions & la qualité de la retranscription des réponses et aussi pour le choix de l'auteur !
    et bravo pour avoir atteint et dépassé ton challenge de lecture ! SourisDesSables

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