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31/01/2018

Je suis une fille de l’hiver de Laurie Halse Anderson

Quatrième de couverture

Lia et Cassie sont inséparables. Elles sont des "filles de l'hiver", prisonnières de leurs chétifs corps glacés, partageant tout, et pourtant concurrentes dans une course mortelle à la maigreur. Mais le jour où Cassie meurt, Lia se retrouve hantée par les souvenirs et ravagée par la culpabilité.

Laurie Halse Anderson explore le combat d'une jeune fille contre l'anorexie, son chemin douloureux vers la guérison, et ses tentatives désespérées pour renouer avec l'existence par le biais de l'espoir.

Mon avis

J’avais lu Vous parler de ça de l’auteur que j’avais beaucoup aimé. Donc j’étais curieuse de voir ce que pouvait donner Je suis une fille de l’hiver, sachant que les sujets traités par Laurie Halse Anderson sont toujours très difficile.

Après avoir parlé d’une fille mutique suite à un événement traumatisant, elle aborde ici le sujet de l’anorexie avec une certaine justesse, sans pour autant tomber dans le glauque ou dans l’horreur absolu. Elle a une manière d’écrire et de présenter les choses que l’on se rend compte à quel point tout cela est horrible mais sans pour autant aller trop loin et surjouer. Au fur et à mesure de l’histoire, on voit que Lia, l’héroïne de cette histoire, sombre un peu plus dans cette maladie destructrice.

J’ai beaucoup aimé cette histoire qui prend quand même aux tripes car on voit que Lia n’est pas bien dans son corps, qu’elle a une vision déformée d’elle-même. Le fait de voir qu’elle compte chaque calorie, dès qu’elle parle de la nourriture, est rajouté entre parenthèse un chiffre, qui correspond à cela. Elle fait du sport, elle s’interdit de manger et puis surtout on voit sa culpabilité vis-à-vis de son amie, ce qui la replonge d’une certaine manière dans ces travers. Pour elle, elle n’est pas malade, elle n’a pas de problème et cache à ses parents sa rechute autant que possible mais il arrive à un moment où le corps essaye de se défendre, de tirer la sonnette d’alarme car il n’est plus en mesure d’assurer le fonctionnement.

Son rapport à la nourriture est difficile, en même temps, elle a faim mais en a envie, et c’est dans cette lutte acharnée que l’on voit que c’est vraiment une maladie qui est avant tout mentale. Elle a une telle vision de son corps, d’elle-même, qui est évidemment faussée, même si elle ne s’en rend pas compte, qu’elle s’inflige ça, cette torture. Elle s’affame, jusqu’à vouloir s’effacer, disparaître.

Tout au long de cette lecture, on voit que la mort de son (ex)-meilleure amie la touche, elle l’a appelé au secours, un certain nombre de fois mais Lia n’était pas là pour elle. Elle se le reproche et au fur et à mesure de l’histoire, on finit par comprendre la cause de la mort de son amie.

C’est un roman dur de part son sujet mais je trouve que l’auteur l’a traité avec intelligence, on voit cette descente aux enfers, on voit le dilemme qui s’impose à Lia, cette souffrance muette qu’elle s’inflige et l’on voit aussi que c’est dur pour les parents qui tentent tant bien que mal de la maintenir en vie, de l’aider même si elle les rejette. Ça fait mal de voir quelqu’un s’infliger ça et de se sentir impuissant, d’autant que sa mère est médecin. Mais leur relation est très difficile, Lia ne veut plus vivre avec elle mais uniquement chez son père et sa belle-mère. Jusqu’au jour où tout cela va trop loin et risque de briser le fragile équilibre et la confiance qui s’était instaurée après un énième internement en hôpital.

Il peut être difficile de comprendre et d’admettre cette maladie lorsqu’on est extérieur, lorsqu’on ne l’a pas vécu ou que l’on n’a jamais eu de problèmes de poids, du regard de l’autre, etc. Avec cette histoire, il est vrai que cela permet d’être du point de vue de quelqu’un qui en souffre, qui a des problèmes et cela permet de mieux se mettre à sa place et de la comprendre.

Lia est une jeune fille attachante et il est vrai qu’il est dur de la voir dans cet état, et on se doute d’une certaine manière de ce qu’il va advenir si elle ne réagit pas à temps. On voit petit à petit sa descente aux enfers et elle ne mérite pas ça. Sa famille essaye de la soutenir mais c’est difficile pour eux de la voir dans cet état et aussi de voir l’effet que ça pourrait avoir sur sa petite sœur.

En bref, Je suis une fille de l’hiver est un roman poignant qui nous montre la lutte acharnée que représente l’anorexie. Une bataille entre ce que le corps réclame et ce que l’esprit est en mesure d’accepter, un combat qui risque d’être mortel si l’un prend le pas sur l’autre. Un roman à découvrir et qui permet, en un sens, de mieux comprendre ce que peut représenter cette maladie, en se plaçant du côté de celui qui en souffre.

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