L'Académie diplomatique d'Isuldain : Les ombres assassines d'Arthur Ténor

Quatrième de couverture

La secte d’Anghor l’avait promis à Isuldain : sa capitale Éa-Kyrion connaîtrait la pire vague de terreur de son histoire. Ce jour de vengeance est arrivé !
Mêlées à la population, les Ombres assassines commettent des crimes ciblés, organisent des attentats, sèment la mort. L’empereur mobilise toutes ses forces, des simples portiers aux Chevaliers d’Isuldain.
Même sa prestigieuse Académie diplomatique est sollicitée. La toute jeune chambrée des Crépusculaires entre avec fougue dans cette affreuse crise. Pourtant, elle a déjà ses propres conflits internes à surmonter, ce défi inouï de faire vivre et agir ensemble un semi-orque, deux elfes, un Maraudeur au caractère bien trempé, une Sorcière des Mondes glauques et un ancien élève dans la Confrérie des magiciens.
S’ils y parviennent ? Combien périront ?

À PARAÎTRE LE 23 AOUT 2018

Mon avis

L’académie diplomatique d’Isuldain : Les ombres assassines est le nouveau roman d’Arthur Ténor, un roman que j’étais curieuse de découvrir car avec un tel pitch, cela a attisé ma curiosité. Si j’ai dans l’ensemble passé un bon moment de lecture, avec une intrigue efficace, j’y ai vu quelques défauts qui n’en font pas une lecture coup de cœur.

Je ne ferai pas de résumé de l’histoire, la 4e de couverture étant suffisamment explicite pour savoir de quoi il s’agit d’autant que les événements arrivent assez vite pour s’en rendre compte et que le livre est lu en un rien de temps. L’écriture de l’auteur est plutôt fluide et agréable à lire, les pages défilent assez aisément et comme le livre est court (170 pages) autant vous dire qu’il ne m’a fait que la soirée.

Comme je l’ai annoncé, ce livre est plaisant mais pas extraordinaire, pas à mes yeux car j’y ai vu des défauts qui m’ont un peu dérangé. Donc on va parler de ce qui fâche en premier lieu, mais tout n’est pas perdu, car ce n’est pas mauvais en soi, loin de là. Mais il est vrai que pour l’adepte des pavés comme moi, il est évident qu’avec « que » 170 pages, il y a quelque chose qui va pêcher pour moi. Les descriptions et les détails ou les longueurs ne me font pas peur, s’ils sont importants à l’histoire et qu’il y a un certain rythme. Là, il est évident à la vue du livre qu’on allait y faire l’impasse et ça, pour moi, c’est un problème.

Ce qui, à mes yeux, caractérise ce livre est : trop survolé. L’idée de base est intéressante mais pas assez exploitée à mon goût. L’auteur ne va pas au fond des choses, on reste en survol sur tout, sur l’univers et les personnages, ce qui est dommage car c’est ce qui prime dans la Fantasy. Pas que dans la Fantasy d’ailleurs, mais ce sont les deux éléments qui pourront accrocher ou non le lecteur. L’intrigue peut être facile et simple, mais si l’univers décrit est un peu approfondi et recherché et que les personnages sont fouillés, on passera sur la faiblesse de l’intrigue (en termes de facilité et simplicité). Mais là, j’ai trouvé que l’univers et les personnages ne l’étaient pas suffisamment pour que ce soit vraiment excellent. Comme je l’ai dit, c’est mon avis, tout le monde ne sera pas forcément d’accord avec moi et y trouveront leur compte.

En ce qui concerne l’univers, on reste sur quelque chose de classique, une école qui rassemblent différents « clans », avec des personnages ayant des facultés magiques et natures diverses, pour devenir des diplomates. Jusque-là, ça me va bien, mais là où j’ai été un peu frustrée c’est de ne pas savoir grand-chose de cette école, de ce qu’ils font. Certes, on assiste à quelques cours, on nous présente des professeurs et on les voit un peu travailler mais ça reste très succins, trop pour moi.

Ensuite, on découvre qu’il y a différents types de personnages, des elfes, des sorcières, des sang-bleus (être hybrides), etc. On voit qu’il y a certaines animosités envers certains, des préjugés mais là encore, on ne sait pas grand-chose de tout ça. S’il y a une académie diplomatique qui rassemblent tous ces êtres c’est qu’il y a une bonne raison et là il est vrai que l’on passe très vite sur tout ça. De même sur ces fameuses ombres assassines qui attaquent un peu partout dans la ville et inquiètent tout le monde. Mais qui sont-elles vraiment ? Je trouve qu’on n’a pas beaucoup d’informations là-dessus, tout va trop vite, ça manque de précision.

Quant aux personnages, j’avoue avoir eu du mal à les « reconnaître », dans le sens où je n’arrivais pas à les différencier alors même qu’ils sont parfaitement représentés en couverture. Je me mélangeais les prénoms, je ne savais pas associer le nom au physique. Je n’ai pas su m’attacher à eux, car pour moi ce n’était que des noms et pas des personnages, ils ne sont pas assez approfondis. C’est trop survolé, à l’image de l’univers, pour vraiment vivre cette aventure à leur côté. Et c’est dommage parce qu’on voit un potentiel, ils sont assez éclectiques dans le genre mais je trouve qu’on ne le voit pas assez pour être proche d’eux. C’est dommage car je peux être indulgente sur l’intrigue ou même l’univers mais les personnages sont ce qui priment pour moi, c’est eux qui font vivre l’histoire et là, ils avaient quelques faiblesses.

Néanmoins, je dois reconnaître que c’était un livre qui se laisse lire et qui reste intéressant par son univers et l’intrigue qui s’y déroule. En soi, elle est plutôt bonne, simple mais efficace. Ceux qui n’aiment pas les descriptions, et les longueurs que cela peut parfois engendrées, y trouveront leur compte. L’action arrive assez vite, c’est plutôt bien rythmé et je ne me suis pas ennuyée. J’étais curieuse de découvrir ce qui allait se passer, ce que le groupe des Crépusculaires allait faire et comment tout cela allait se terminer. Et je dois dire que j’ai été assez surprise de la tournure des événements, donc c’est une bonne chose.

En bref, L’académie diplomatique d’Isuldain : Les ombres assassines est un roman intéressant, l’idée de base était bonne et l’intrigue plutôt bien menée, mon reproche est que ce ne soit pas plus détaillé et approfondi en termes d’univers et des personnages pour en faire quelque chose de plus consistant et plus prenant. Il est vrai qu’en Fantasy j’en attends plus. Mais pour moi qui suis une amatrice du genre, qui adore tout ce qui est complot politique, manipulation et magie, j’avoue que je n’en ai pas eu assez. Je suis un peu restée sur ma faim, sachant d’autant plus que c’est un one-shot. Après cela ne reste que mon avis mais je pense que pour les adaptes de la Fantasy trouveront ça trop léger et simple mais pour ceux qui veulent s’initier au genre en douceur, ça peut être une bonne mise en bouche.

Commentaires

  1. Bonjour. J'interviens juste, si vous m'y autorisez, pour préciser que ce roman propose de l'héroïc fantasy... jeunesse, c'est-à-dire pour 12 - 15 ans. Et en effet, les amateurs de fantasy adultes, " Epée de vérité " et autres " Seigneur des anneaux " pourraient se montrer plus exigeants et je les comprends. Il s'agit là du même univers que ma série " L'elfe au dragon ", publié au Seuil Jeunesse et qui est considéré comme une porte d'entrée pour les lecteurs adolescents qui ne souhaitent pas encore s'attaquer à de gros volumes avec des univers très complexes, des foultitudes de personnages, des intrigues aux multiples méandres, des descriptions très précises et de riches apports d'informations sur le passé de tel ou peuple... Pour trouver des univers un peu plus développés dans ma bibliographie, je conseille plutôt " Le royaume des 7 Sept Tours " et " Les Fabuleux "(Scrineo), mais cela reste aussi de la jeunesse 15 an et + (à découvrir sur des blogs dédiés) Car je suis un auteur jeunesse et ne prétend à rien d'autre. J'ajoute une dernière info. Il s'agit (en principe ) du premier tome d'une série qui, je l'espère, comptera plusieurs aventures comme ma saga de L'elfe au dragon qui en compte 6. Mais cela, c'est aux jeunes lecteurs d'en décider (et je croise très fort les doigts). Bien amicalement. Arthur Ténor

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    1. Bonjour. La jeunesse en soi ne me pose pas de problème, je suis libraire jeunesse et je lis pas mal de choses même pour les "plus petits" du coup je comprends qu'on ne peut pas avoir quelque chose d'aussi fouillé que Goodkind ou Tolkien et ce n'est pas ce que je demande en soi. Mais même en jeunesse on peut avoir quelque chose de très précis sans avoir pour autant des pavés.

      Après je reconnais que moi, j'adore les détails et plus j'en ai, plus j'ai des descriptions et plus ça me plaît. J'ai conscience que ce n'est pas le cas de tout le monde et encore moins des jeunes lecteurs qui ne veulent pas forcément se lancer dans de gros livres. J'en ai d'ailleurs fait la remarque et à ce niveau là ce roman est adapté pour ceux qui veulent s'initier au genre.

      Je prends note des deux autres titres que vous avez écrit :)

      Ah j'ai demandé si c'était une série ou un one-shot et on m'a dit que c'était un one-shot, pas de suites prévues. Mais au vu de la fin, pour moi, ça appelle à autre chose et à laisser la place pour développer les personnages et l'univers. C'est pour ça aussi que je suis un peu "dure" avec ce titre parce qu'en one-shot, je trouve ça un peu trop léger (à mon goût, ce n'est que mon avis) mais si ça devient une série, il y aura possibilité de développer tout ça. Du coup je vous souhaite que cela fonctionne :)

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  2. Merci pour votre réponse. J'ajoute que j'ai eu une crainte en lisant votre commentaire, car vous présentez au début ce qui suis dans votre critique, sur votre goût et vos attentes donc, comme étant " quelques défauts ". Comme tout auteur, je suis souvent en discussion avec mes éditeurs (ou mes lecteurs) sur ce point : est-ce que telle ou telle manière d'écrire, tel choix de style, telle psychologie de personnage, ou orientation d'intrigue est un " défaut de conception ", comme un faute de français ou une incohérence ; ce qui nuirait bien sûr à la qualité de l'oeuvre. Ou bien est-ce un choix personnel à l'auteur qui ne conviendrait pas à une catégorie de lecteurs qui d'ailleurs peut-être très large (comme le choix d'une couleur pour un tableau, ou un style d'écriture inhabituel) ? Ceci pour dire que l'angoisse de l'auteur, c'est de commettre des erreurs professionnelles, et sa tristesse de voir que ses choix peuvent être perçus comme des fautes. Je vous donne un exemple vécu. Pour un roman historique, le hasard a voulu que je reçoive la même semaine deux refus d'éditeur, tous deux argumentés. Pour l'un, mon roman comportait trop de détails et de références historiques, pour l'autre... devinez... il n'y en avait pas assez. Et je pense que l'un comme l'autre percevait clairement comme un défaut intrinsèque cette " faiblesse " de l'oeuvre, au point de la refuser. Parfois, ça désoriente un peu et l'on se demande comment on doit écrire pour plaire à tout le monde. Et puis comme on sait que c'est impossible... On avance ! Merci à vous de permettre ces échanges.

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    1. Pour moi, ce sont des "défauts" mais qui correspondent plus à la deuxième catégorie que vous soulevez : plus de la catégorie de lecteurs. En soi l'intrigue et l'univers sont bons, ce n’est pas l’orientation de l’histoire le souci. L'intrigue est bien menée, il y a de l'action assez vite et c'est prenant, pour l'univers, on a là quelque chose d'intéressant.

      Mais pour moi, pour en faire un coup de coeur il m’en faut beaucup plus. Il faut savoir qu'ils sont très rares donc quand je qualifie un roman "coup de coeur" c'est qu'il est vraiment exceptionnel à mes yeux du genre que l'on n'oublie pas facilement, même des années après sa lecture. Je suis bon public en lecture, j’aime pas mal de chose, mais je reconnais être difficile pour « les coup de cœur ».

      On ne peut pas plaire à tout le monde, c'est certain, c’est impossible. Il y a toujours un ou plusieurs détails qui font que ça ne passera pas pour certaines personnes. C’est difficile de contenter tout le monde, ça dépend du genre de lecteurs qu’on est. Il est évident qu’avec les 200-300 livres que je lis par an, (et majoritairement des romans) que je vois passer beaucoup de choses et certains titres sortiront plus du lot que d’autres et qu’au fur et à mesure j’affute aussi mes goûts et intérêts pour un livre.

      Mais comme je l’ai souligné dans ma chronique, je pense que cette histoire pourra plaire à pas mal de gens parce que l'histoire est quand même très chouette. Mais je pense que pour les gros lecteurs comme moi, qui connaissent bien le genre et qui en plus adorent les détails et descriptions, il y aura un manque. Mais je suis persuadée que nombres d'ados pourront s'y retrouver dans ce livre et l'aimer.

      Et votre expérience sur votre roman historique montre bien qu’un livre ne peut pas être lu / reçu de la même manière d’une personne à une autre.

      Avec plaisir d'échanger avec vous :)

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