Ne dîtes jamais jamais de Nathalie Stragier (La Fille du Futur 3)

Quatrième de couverture

... parce qu’à force de voyager dans le temps, vous savez que rien ne se passe jamais comme prévu. 
... parce que dans le futur on fait des trucs dingues, comme se baigner nue dans la Seine. 
... parce qu’il vous reste encore pas mal de boulot pour sauver les hommes !

Mon avis

Après avoir lu Le monstre chez moi j’avais besoin d’une lecture plus tranquille pour me remettre de mes émotions. Il faut dire que c’était une lecture intense donc j’avais besoin de quelque chose d’un peu plus léger. Mon choix s’est porté sur le dernier tome de La Fille du Futur qui commençait à me faire de l’œil. je profite de mon confinement pour avancer et terminer certaine série, donc c’était le moment ou jamais de la terminer. Et, je dois dire que ça a été une bonne lecture, un dernier tome à l’image des précédents. Je vous conseille cette série qui sous ses airs légers nous poussent à réfléchir sur bon nombre de choses.

Je ne ferai pas de résumé de l’histoire, même si la 4e de couverture est assez succincte et mystérieuse, surtout cette histoire de « se baigner nue dans la Seine » mais je pense qu’il vaut mieux y aller sans trop savoir à quoi s’attendre. La seule chose à savoir c’est que nos différents personnages se retrouvent dans le futur pour essayer de retrouver Pierrick, le frère d’Andrea et tâcher de le protéger de cette société où les hommes n’ont plus lieu d’être.

On suit par alternance les points de vue d’Andrea et Pénélope et parfois les pensées de Pierrick entre deux chapitres. Cela permet d’avoir un certain rythme et de créer plus de suspense. Par ailleurs, comme elles ne sont pas toujours ensemble cela nous permet d’avoir une vision d’ensemble de la situation. Chacune d’elle a un but précis, même si l’objectif premier est de retrouver Pierrick pour le sauver de ce futur où les hommes n’ont pas leur place. Mais à mesure, on voit qu’Andrea a d’autres aspirations une fois qu’elle apprend à connaître ce futur.

Comme pour les précédents tomes, l’intrigue est bonne et bien menée. Il y a pas mal d’action, cela monte crescendo pour nous offrir une fin des plus haletantes. J’avoue avoir eu peur sur le devenir de certains personnages vu la situation qui s’annonçait catastrophique. Mais l’autrice a su bien mener sa barque et nous offrir une fin des plus satisfaisantes, même si elle est un peu trop ouverte pour moi. J’aurai aimé savoir ce qui allait se passer après, mais cela nous laisse le libre choix et de nous faire réfléchir sur ce qui est possible de faire… après.

L’univers s’approfondit énormément, dans les deux premiers tomes on était à notre époque mais ici on fait un bon dans le futur donc cela change totalement la donne puisqu’on va enfin découvrir ce futur que nous décrivait Pénélope dans le premier volume. On va apprendre énormément de choses et si à travers les yeux de Pénélope c’est une société parfaite, plus sûre, du fait que les hommes ne sont plus là, on se rend bien compte qu’il y a des failles et que c’est loin d’être parfait. Comme dans toute dystopie finalement car ça a fini par en être une, à vouloir tout contrôler et tout formater, on a fini par créer un semblant de société parfaite mais quand on creuse et quand on pose les bonnes questions, on voit que tout n’est pas idyllique et Andrea va bien s’en rendre compte et même Pénélope commence à voir, après avoir « vécu » à notre époque que la sienne n’est pas irréprochable.

À travers cette histoire, l’autrice aborde comme thème le féminisme et l’écologie (entre autre) et nous pousse à réfléchir et à se poser les bonnes questions. À travers les regards d’Andrea et Pénélope, que ce soit sur cette société futuriste « parfaite » et notre époque « médiévale » où il y a énormément de problèmes, on dépeint des sociétés où il y a encore beaucoup de choses à faire, à retravailler pour que ce soit plus sain (pour la Terre) et plus égalitaire (ce que prône le féminisme). En cela, cette trilogie est vraiment intéressante pour les adolescents, sans compter que ça reste une histoire très plaisante où l’on suit des adolescents avec tout ce que ça implique, comme les premiers émois amoureux – c’était drôle de voir le changer s’opérer chez Pénélope qui ne comprend pas ce qui lui arrive et qui ne voit pas ça d’un bon œil, surtout avec un homme (la question du genre soulevé ?).

Quant aux personnages, ils sont toujours aussi attachants et sympathiques. Ils ont bien évolué au fil de la trilogie, notamment Pénélope qui va apprendre un certain nombre de choses sur sa famille, sur elle. Elle va grandir et ouvrir les yeux sur son monde qui n’est pas si parfait qu’elle le croyait. On a là un trio de choc entre Pénélope, Andrea et Pierrick qui vont bien me surprendre dans cette histoire, je ne pensais pas que ça prendrait une telle tournure mais cela semble plutôt logique par rapport à leur caractère. Une belle bande que je quitte.

Juste un petit détail, j’avais oublié qu’il était question d’une grippe dans cette série (je n’en dirai pas plus pour éviter tout spoiler) mais à croire que les maladies et virus en tout genre continuent de me poursuivre dans mes lectures. À croire que l’actualité ne suffit pas…

En bref, Ne dîtes jamais jamais est un tome qui clôt parfaitement cette trilogie, même si la fin reste un peu trop ouverte à mon goût, on répond à pas mal de nos questions. Comme pour les précédents tomes, l’autrice nous pousse à réfléchir et à porter un autre regard sur notre société, comme l’ont fait Andrea et Pénélope en se posant les bonnes questions et peut-être agir pour changer les choses. Les intrigues sont bonnes et bien menées à chaque fois et les personnages sont attachants et sympathiques. Je suis triste de les laisser, surtout quand on voit la fin mais on peut imaginer le meilleur à leurs côtés. Une trilogie à découvrir de toute urgence, on n’en parle pas assez !

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