La Capitale de Lumière de Ielenna (Persona 1)

Quatrième de couverture

Dans le monde de Lux, les enfants qui ont été touchés par la Lumière développent des pouvoirs singuliers. Mais, loin d’être admirés, ces êtres exceptionnels sont craints et méprisés par le reste de la société.
À leurs dix-huit ans, un terrible choix s’offre à eux : se marier et abandonner leur Don précieux, ou rejoindre le Culte de la Lumière, faisant ainsi une croix sur leur liberté.
Ce dilemme, Andrea le refuse, puisque son rêve est d’être libre tout en conservant sa magie. Après tout, Andrea a toujours porté un masque, adoptant une nouvelle apparence et un nouveau rôle au gré des demandes du royaume. Plus qu’un Don, c’est sa seconde nature : Andrea est Persona.
Le jour où Andrea se voit confier une mystérieuse mission, l’espoir de changer le cours de son destin et l’équilibre du monde de Lux se fait plus grand que jamais…

Mon avis

Après avoir lu La nuit des Oubliés, je me suis lancé dans le premier tome de Persona : La Capitale de Lumière que j’étais assez curieuse de découvrir. Il faut dire que la couverture est très belle et avenante et le pitch des plus prometteurs aussi. Malheureusement, je ressors assez mitigée de cette histoire et j’en suis la première déçue parce qu’il y avait du potentiel, mais tellement de choses qui n’allaient pas que je ne peux pas passer outre.

Je ne ferai pas de résumé de l’histoire, la 4e de couverture étant suffisamment explicite pour savoir de quoi il s’agit d’autant que les événements arrivent assez vite pour s’en rendre compte. L’écriture de l’autrice est agréable à lire et fluide de sorte qu’on rentre facilement dans l’histoire. Au départ, ça démarrait bien, j’étais plutôt curieuse de lire cette histoire mais plus j’avançais et plus je décrochais par moment, me demandant bien où tout ça allait nous mener… Si les thèmes abordés sont intéressants, la manière dont c’est amené ne m’a pas plu et le tout, dans un univers de fantasy non plus.

En fait, ce premier tome m’a fait penser aux livres de Hermine Lefèvre que j’ai pu lire. Ils sont bien dans l’absolu mais en lisant de l’imaginaire ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attends. Je veux un univers plus construit, je veux plus d’action et d’intrigue et pas seulement évoquer des thèmes de société et que ça ne soit que ça durant toute la lecture… Pas au détriment de l’intrigue première… Et c’est en grande partie ce qui m’a dérangé ici.

Ces mêmes thèmes dans un univers contemporain m’aurait moins posé problème car ça serait LE sujet du livre. Sinon, il faut le faire de manière plus subtile et diffuse. Le message peut tout aussi clairement passer sans pour autant insister sur les points qu’on veut évoquer. Ça alourdit le texte selon moi et j’ai eu du mal à m’accrocher et à m’intéresser à l’histoire sur la durée. C’est dommage parce qu’il y avait du potentiel.

À travers les personnages, et notamment le Persona (Andrea), il est question de différences, de s’accepter tel qu’on est. L’autrice évoque aussi bien des personnages non-binaire, asexuel, aromantique, que des personnages dyslexiques ou autiste. Il y a aussi des personnages racisés (et le racisme qui en découle). Il est aussi question de féminisme, de choix et du libre arbitre, etc. On peut résumer par « il faut de tout pour faire un monde ». Et en soi, c’est très bien et intéressant, mais là, la manière dont c’est fait, ça faisait un peu cahier des charges, et ça s’est senti. Beaucoup trop de choses en même temps à traiter pour un premier tome alors qu’il faut déjà appréhender l’univers.

Certaines de ces différences se voient et s’appréhendent à travers les pouvoirs, ces fameux Dons. Andrea en tant que Persona peut être aussi bien un homme qu’une femme et il se sent à l’aise dans ces deux genres. Il se pose pas mal de question sur son identité, etc. Isidore a un pouvoir énorme, et sa différence, on comprend rapidement qu’il est autiste, lui permet d’appréhender le monde différemment. Et par rapport à son don, ce n’est pas une mauvaise chose. Qui sait ce qu’une autre personne avec un tel pouvoir ferait ?

Sinon l’autre problème c’est que l’histoire démarre avec un prologue qui met en avant un personnage, mais qui n’est pas le personnage principal, à savoir Andrea, et qu’on ne voit que de manière très épisodique, trop diffuse. Alors qu’on se doute que ce personnage a de l’importance mais son rôle est tellement relégué au second (voire troisième) plan que ça n’est pas logique de s’y désintéresser durant autant de temps.

La construction du récit est un peu lourde avec des longueurs et des lenteurs qui font qu’arriver à la moitié du livre, j’ai commencé à m’ennuyer, ne voyant pas où tout ça allait. Ça manquait d’action, de rebondissements, etc. alors même qu’on sent que l’on est limité dans le temps, qu’il y a une épée de Damoclès au-dessus de la tête des personnages, mais on ne sent pas ce compte à rebours, cette échéance… C’est dommage parce qu’on devrait être dans la précipitation or ce qui prime c’est la lenteur.

Malgré les changements de point de vue pour nous permettre de suivre différents personnages et ainsi faire la connaissance d’Isidore, au centre de cette mission spéciale, ça manque de rythme. L’autrice n’a pas su me tenir en haleine. Alors je suis allée jusqu’au bout parce que j’avais envie de voir où ça allait nous mener, j’avais l’espoir que ça s’améliore mais rien n’a vraiment changé en fin de compte.

L’univers est assez riche, on sent qu’il y a du potentiel mais il peine aussi à se dévoiler. On voit bien que le côté religieux est très présent et régit la vie de nombreuses personnes. Car ceux qui ont reçus le Don sont craints, et c’est vu comme une tare par la population plutôt que comme une bénédiction, alors qu’elle vient de la Lumière, ce qui régit leur vie. On entrevoit aussi le pouvoir politique, les manipulations et interdictions qui ont justement ostracisés ceux qui ont des Dons. En soi, c’est intéressant mais il m’a manqué quelque chose, j’aurai aimé en avoir plus.

Quant aux personnages, j’avoue que je ne m’y suis pas attachée plus que ça. Ils manquaient de profondeur et de consistances. C’est dommage parce que là, aussi, il y avait du potentiel et dans le fond, peuvent être intéressants mais ils peinent à porter l’histoire. Et les personnages sont la structure même d’une histoire, ils sont sensés tout porter et soutenir et là ce n’était pas le cas.

En bref, La Capitale de Lumière est un premier tome qui avait du potentiel et qui aurait pu me plaire sur le papier mais dans les faits, je ressors très mitigée de cette lecture. Il y a de bons éléments mais malheureusement à vouloir trop se pencher sur des sujets et thématiques bien précises, ça s’est fait au détriment de l’histoire qui manque de structure et d’approfondissement. Arrivée à la moitié du livre, j’ai un peu décroché, me demandant où on allait. Il en va de même pour l’univers qui aurait mérité plus de développement. Quant aux personnages, j’ai eu du mal à m’attacher à eux, ils manquaient de carrure pour pouvoir porter une telle histoire. C’est bien dommage parce qu’il y avait vraiment de très bonnes idées, mais pas toujours bien exploitées pour moi.

PS : Peu de temps avant ma lecture, j’ai évoqué cette lecture avec une amie qui l’avait moyennement appréciée. Arrivée à la moitié du livre, j’ai été lire sa chronique et sans parvenir à trouver précisément ce qui clochait, elle a su mettre en avant tout ce qui n’allait pas selon elle. Et en fait, j’étais d’accord avec sa chronique. C’était totalement mon ressenti, sans pour autant parvenir à trouver les bons mots sur le moment. Je vous invite à lire sa chronique, ça vous donnera un autre avis sur le sujet et vous donner une idée du contenu du livre.

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