Quatrième de couverture
Tous les trente ans, la Confédération organise le prestigieux concours de l’Inspiration Divine. Les héritiers des six maisons y participent. Celui qui accomplira le Prodige capable d’émerveiller le Sérénissime, la divinité tutélaire de la Confédération, deviendra le nouveau Doge jusqu’au prochain concours.
Faussaire de génie, Andréa est capable de reproduire à la perfection les plus grands chefs-d’œuvre comme s’il en détenait l’âme. Cesare, lui, est un artiste d’exception dont le talent brille autant que les angoisses le dévorent. Demi-frères qui s’ignorent, ils sont réunis par leur père pour représenter ensemble la maison des Tailleurs d’images lors du prochain concours de l’Inspiration Divine. L’ambition de ce dernier ? Garder le pouvoir, qu’il a lui-même conquis trente ans plus tôt en devenant Doge. C’est donc à un duel fratricide qu’il condamne Andréa, fils illégitime arraché à sa mère qu’il ne reverra qu’en cas de victoire, et Cesare, qui cherche désespérément la reconnaissance paternelle. Face à eux, les héritiers des autres maisons –; redoutables, ambitieux, prêts à toutes les audaces, même les plus obscures –; rivalisent pour attirer l’attention du Sérénissime. Mais dans une Académie des arts gangrenée par les intrigues, les mensonges et les manipulations, leurs véritables adversaires sont-ils ceux qu’on leur désigne ?
Inspiré de la Renaissance italienne, un roman intense sur les tourments de la création, ses merveilles, et les sacrifices qu’elle exige.
Mon avis
Après avoir lu Révélation, je me suis lancé dans Prodiges que j’avais hâte de découvrir depuis que mon représentant m’en a parlé au boulot. Dès qu’il a été question de « renaissance », « art », « rivalité entre frères », « compétition » et « magie » autant dire que les thèmes m’ont tout de suite inspiré. J’avais hâte de voir ce que ça pouvait donner et d’autant plus lorsque j’ai eu cette petite merveille entre les mains.
Parlons 5 minutes de ce livre en tant qu’objet qui est juste magnifique. De la couverture, au jaspage, c’est un travail de dingue qui a été fait, j’en suis tombée amoureuse. Si seulement, ça avait été le cas, j’attendais le coup de cœur pour ce roman et il n’a pas été là. J’en suis la première déçue – de ne pas avoir eu de coup de cœur – pas déçue du roman en tant que tel.
J’ai tout de même aimé ma lecture, c’était vraiment original et prenant, mais ce n’était pas tout à fait ce à quoi je m’attendais et c’est pour ça que ça n’est pas un coup de cœur. Tant pis pour moi, mais j’espère tout de même attisé suffisamment votre curiosité pour lire ce livre qui reste malgré tout original et intéressant à lire dans le genre.
Je ne ferai pas de résumé de l’histoire, la 4e de couverture étant suffisamment explicite pour savoir de quoi il s’agit d’autant que les événements arrivent assez vite pour s’en rendre compte. L’écriture de l’autrice est plutôt simple, pas désagréable mais j’avoue avoir eu un petit peu de mal avec le fait que ce soit écrit au présent. Pour un texte se déroulant à la Renaissance, dans un milieu aristocrate, je trouve que l’utilisation du présent rendait sonnait un peu faux pour moi, créant un décalage rendant le tout un peu trop moderne. Et ce côté « moderne », je l’ai aussi senti dans les dialogues, du coup par moment ça me sortait de ma lecture parce que je n’avais pas la sensation d’être dans un récit historique, alors que c’est le cas. Je trouve ça un peu dommage.
Dans l’ensemble, j’ai plutôt apprécié ma lecture, c’est une lecture originale et intéressante avec un univers qui change un peu de ce que l’on peut trouver. Comme je l’ai dit, il est question d’art, avec un concours qui va réunir les différentes maisons avec chacune leur spécialité. Celle d’Andrea et Cesare est celle des Tailleurs d’images, c’est à dire des arts (peinture, sculpture, etc.) et le fameux « Prodige », qui donne le nom au roman, est un acte magique qui va permettre de sublimer leur art, créant quelque chose de grandiose et d’unique qui devra éblouir le Sérénissime et ainsi assurer à la maison gagnante de régner en Maître sur la cité pour les 30 prochaines années.
Autant dire que l’enjeu est réel et que Cesare et Andrea ne doivent pas échouer, leur père ayant réussi son Prodige il y a 30 ans de ça et qu’il compte bien que sa maison reste à la tête. Mais encore faut-il que ses fils parviennent à créer leur Prodige. Et tous les coups sont permis… bien évidemment, dès lors qu’il est question de concours, de magie et là en l’occurrence de politique, il est clair que les manigances et autres manipulations ne sont jamais très loin et c’était vraiment intéressant à suivre. Même si j’avoue que j’aurai aimé en voir un peu plus, ça n’arrive que trop tardivement pour moi et j’aurai voulu que ce soit plus approfondi surtout quand on voit le final et certaines révélations en cours de route. Il y avait matière à davantage développer l’univers qui a une très bonne base mais qui aurait mérité d’être plus exploité.
L’intrigue est plutôt bonne mais j’avoue que je m’attendais à un tout autre scénario. Je suis un peu restée sur ma faim sur certains aspects de l’histoire et c’est aussi en cela que ça n’est pas le coup de cœur espéré. Je trouve qu’on s’attarde sur des éléments et qu’on n’en développe pas assez d’autres. J’aurai aimé voir un peu plus de la compétition, de voir leur art en tant que tel, d’autant plus avec les capacités d’Andrea qui est un faussaire hors pair. Pendant une bonne partie de l’histoire, on se demande bien en quoi il va être utile à son frère, j’étais un peu trop dans l’attente sur cette question.
En revanche, un aspect qui est très bien traité et qui est intéressant ce sont les relations entre les personnages, leur psychologie et à quel point la pression familiale pèse sur chacun. Évidemment, le père d’Andrea et Cesare a une place belle mais on voit bien que les autres héritiers ne sont pas en reste et craignent parfois certains membres de leur famille. Il y a pas mal de secrets et il ne serait pas bon que certains soient dévoilés, cela pourrait leur coûter très cher si on savait ce qui se trame exactement. Jusqu’où sont-ils prêts à aller pour satisfaire les exigences de leurs aînés, et avec Cesare on voit à quel point la pression de son père est forte sur lui et lui cause des dommages au niveau mental.
La relation entre les personnages est vraiment complexe, que ce soit dans les relations familiales, amicales ou amoureuses qui sont parfois tumultueuses. Entre Cesare et Salvatore c’est compliqué et c’est douloureux de voir comment ils peuvent se déchirer, parce qu’ils ne savent pas communiquer. Cesare se perd en lui-même et finit par prendre des décisions qu’il pourrait bien regretter.
Andrea, quant à lui, se retrouve mêlé à ce concours malgré lui, ignorant tout de ce père, de ce monde aristocratique dont il ignore tous les codes. Il détonne dans le décor et en même temps y a parfaitement sa place, même si l’intégration est difficile. C’est un personnage vraiment intéressant et attachant, qui va pas mal évoluer au cours de cette aventure, même s’il va perdre de sa naïveté.
En bref, Prodiges est un roman que j’attendais avec impatience et si j’ai bien aimé ma lecture et l’ai trouvé intéressante, je dois avouer que je suis un peu restée sur ma faim sur certains éléments. Cela explique pourquoi je n’ai pas eu le coup de cœur espéré, mais cela reste une bonne lecture tout de même. L’intrigue est plutôt bonne et bien menée dans l’ensemble, même si ce n’était pas ce à quoi je m’attendais, ce n’était pas le scénario que j’avais en tête avec un tel pitch. L’univers est vraiment original mais aurait mérité d’être davantage exploité, pour que ce soit plus approfondi et qu’on ait davantage de politique car c’est un aspect très important mais au final, on reste un peu trop en surface, sauf à la fin mais c’est un peu trop tardif. En revanche, tout ce qui concerne les relations entre les personnages, la pression familiale et la santé mentale sont bien exploitées ici, montrant à quel point cela est complexe et permet d’expliquer certains décisions prises… Ce qui risque de causer la perte de certains personnages. Ces derniers sont vraiment attachants et intéressants, ils ont chacun leur propre personnalité, un groupe assez éclectique qui va nous en faire voir de toutes les couleurs. Un roman intéressant dans son ensemble, avec une très bonne idée de base mais qui, pour moi, aurait mérité un traitement plus approfondi, surtout au niveau politique.
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