Celle qui venait des plaines de Charlotte Bousquet

Quatrième de couverture

Sais-tu comment certains cowboys choisissaient leur mustang, Virgil ? En leur tirant dessus. Peu leur importait qu’ils se rompent le cou ou les membres. Ceux qui survivaient, brisés, se laissaient ensuite manipuler sans protester.

Le vert des hautes herbes surplombées par le feu orangé du soleil couchant sur les plaines du Dakota, les récits de victoires autour d’une flambée à la tombée de la nuit, les chevaux couleur de cendres, le tonnerre des canons, les rivières de sang…
Et soudain, le déracinement et l’enfermement à la Mission Saint-James, l’apprentissage de la haine d’une culture immémoriale, la purification par la souffrance et une éducation de fer pour briser les volontés les plus tenaces.
Voici l’histoire de Winona, fille aînée du vent et de la lumière, héritière de traditions ancestrales qu’elle fut contrainte de recracher comme le pire des venins, métisse éprise de liberté et de justice dont la route ne cesse de croiser celle des célèbres Steele Men, cow-boys et mercenaires – pour le meilleur et pour le pire.

Mon avis

Celle qui venait des plaines est le dernier né de Charlotte Bousquet qui nous emporte à la conquête de l’Ouest. Tout commence par un désir de vengeance… Le désir de comprendre pourquoi cette femme a tué son père. C’est ainsi que Virgil va aller à la rencontre de Winona, une métisse amérindienne. Elle lui raconte son histoire, l’arrachement à sa famille, à sa culture pour devenir une parfaite américaine. Mais cela ne se fait pas sans violence, sans horreur. Un récit de vie qui risque de changer le regard de Virgil à jamais…

Charlotte Bousquet a l’art et la manière de nous emporter dans son univers, de nous happer et ce, tout du long de notre lecture. Comme Virgil, j’avais hâte d’en apprendre plus sur Winona, cette femme au destin incroyable, comme lui nous voulons savoir si tout ce qu’on dit sur elle est vrai, si elle a vraiment tué son père, et pourquoi. Elle revient donc sur ce fameux jour où tout à basculer, ou sa vie a pris un tournant dramatique à cause des Wasicuns, des Blancs.

C’est un récit dur, poignant et tragique mais raconté de telle manière que ce n’est pas « trop » horrifique. Notez bien les guillemets, ça n’enlève en rien l’horreur de ce qui est raconté. J’ai été très touchée par l’histoire de cette enfant puis jeune femme qui ne méritait pas un tel destin. Elle a su tout de même s’en sortir, d’une certaine manière car une telle vie laisse forcément des traces.

Le roman est partagé entre trois récits, il y a tout d’abord des extraits d’un livre : « Les incroyables Aventures des Steele Men, racontées par Billie Vince, d’après les souvenirs de Franck Allen », le Journal de Virgil Wyatt Monroe et enfin le récit de Winona en compagnie de Virgil. Trois types de narration qui s’alternent et qui nous permettent de voir le récit qui est fait de la vie de Winona, les pensées de Virgil qui s’est beaucoup basé sur ce récit pour se faire une idée de cette mystérieuse femme qu’est Winona et enfin la « vérité » qui sort de la bouche de cette dernière. Elle nous raconte sa propre histoire, sa version des faits et l’on peut constater que par moment il y a des divergences. Ces alternances permettent également de maintenir un certain suspense car le récit de Winona ne nous est pas révélé d’un coup, cela permet d’avoir des moments de pauses. Un système qui fonctionne bien et qui nous tient encore plus en haleine, même si dans un premier temps il faut s’adapter un petit peu pour bien suivre.

Les personnages sont intéressants et attachants, à commencer par Winona. Elle a vécu tant d’horreur dans sa vie mais elle a une force de vie telle qu’elle va s’armer de courage et faire tout son possible pour s’enfuir de l’enfer qu’est Saint-James. Et pour cela, elle est prête à tout, quitte à commettre parfois l’irréparable. Virgil aussi est un personnage intéressant, il souhaite rencontre Winona pour avoir des explications et a bien l’intention de la tuer. Mais son récit va le pousser à réfléchir et à revoir son jugement, à travers son journal, on voit que sa façon de voir les choses changent et évoluent. On peut comprendre son désir de vengeance.

En bref, Celle qui venait des plaines est un roman dur et touchant à la fois qui ne peut pas nous laisser indifférent. J’ai adoré cette histoire même si elle est horrible dans le fond. C’est un roman qui ne peut que nous toucher et nous pousser à réfléchir et à revenir sur un pan de l’histoire américaine peu glorieuse… Charlotte Bousquet montre une fois de plus tout son talent pour nous conter des histoires. Un roman à lire de toute urgence !

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