Juste une fille d’Élise Giraudau

Quatrième de couverture

Frère et sœur aussi complices que complémentaires, Vanille et Kale entrent tous les deux cette année dans la même école d’ingénieur. Ce sera la plus belle époque de leur vie, se disent-ils : après la prépa, voici venu le temps des amitiés, des soirées, des études enrichissantes, des projets... Sauf que la réalité s’avère bien plus complexe que cela. Dès la rentrée, Vanille a l’impression d’être marginalisée à cause de son côté studieux, sa discipline sportive, son refus de boire de l’alcool... Son copain ne répond plus vraiment présent pour elle non plus. Mais le pire, c’est que Kale s’éloigne d’elle, attiré par les sirènes de la popularité, et obnubilé par son objectif : être élu au Bureau des Élèves pour sa deuxième année, afin de devenir quelqu’un qui compte dans l’école. Pour ça, il va lui falloir sympathiser avec les bonnes personnes, prendre les bonnes initiatives... et même se compromettre un peu au passage, et rogner sur ses convictions.

Alors que les mois, les cours et leurs aspirations si différentes les séparent petit à petit, le frère et la sœur vont pourtant être confrontés aux mêmes démons des études supérieures. Sauront-ils retrouver le chemin de leur propre épanouissement... et de leur relation à tous les deux ?

Mon avis

Après avoir lu Le Brise-Tempête, je me suis lancé dans Juste une fille car j’avais envie de changer complètement d’univers. J’avais pas mal enchaîné de livres de SFFF donc il fallait que je change de genre, même si je n’ai pas changé de tranche d’âge car je suis restée dans du young adult. Et donc mon choix s’est porté sur Juste une fille que j’avais reçu quelques temps auparavant. J’étais très curieuse de découvrir ce titre et je dois dire que ça a été une très belle découverte. J’ai beaucoup aimé, même s’il m’a mise en colère, et à raison au vu des sujets traités… Il m’a beaucoup fait penser à Nos plus belles années, bien que différent dans la réalisation.

Je ne ferai pas de résumé de l’histoire, la 4e de couverture étant suffisamment explicite pour savoir de quoi il s’agit d’autant que les événements arrivent assez vite pour s’en rendre compte. L’écriture de l’autrice est agréable à lire et fluide de sorte que l’on rentre en un rien de temps dans l’histoire, qui est écrite du point de vue des deux personnages (à la première personne). Ainsi, cela nous permet d’être au plus près d’eux, de mieux les comprendre et d’avoir une vision d’ensemble de la situation.

Et on se rend compte assez rapidement que les deux frangins sont très différents l’un de l’autre. Ils n’ont pas du tout le même caractère, pas les mêmes aspirations et qu’ils vont, peu à peu s’éloigner durant cette année alors même qu’ils étaient très soudés. Kale est très protecteur envers sa sœur, et ce, depuis toujours, mais à cause de ses ambitions et de sa vision des études supérieures, il va prendre un autre chemin qui pourrait bien le changer et changer ses rapports avec sa sœur, quitte à se perdre… Il va prendre de mauvaises décisions mais lorsqu’on est aveuglé, voire manipulé, difficile d’avoir un bon discernement.

J’ai beaucoup aimé cette histoire, même si elle m’a mise en colère, difficile de faire autrement lorsqu’on comprend la direction qu’elle prend. Comme on a les deux points de vue de Vanille et Kale, on voit les attitudes de chacun, les réflexions qui sont faites, les potentiels mensonges qui peuvent être servis, etc. Et du coup, on se doute de ce qui va se passer, même si on le redoute car on n’a pas envie que les personnages subissent ce genre de chose (on parle de violence sexuelle). J’ai trouvé ça vraiment intéressant la manière dont c’était abordé, fait tout en finesse et subtilité, en voyant le cheminement pour nous amener à ça et les conséquences que cela a. Et j’ai encore une fois été en colère quand on voit les attitudes face à ces accusations…

L’autrice aborde d’autres sujets difficiles, comme le rapport à l’alcool, le fait que Vanille ne boive pas semble être un problème car ça fait d’elle quelqu’un de chiant, de coincé, etc. Elle ne rentre pas dans la « norme sociale » et c’est un problème. On va davantage pousser quelqu’un à consommer de l’alcool plutôt qu’à l’arrêter alors même que l’on sait à quel point ça peut faire des ravages… Il est aussi question de drogue et de lutte de pouvoir, quand on voit ce qui se passe au sein du BDE, ça fait réfléchir à ce que certains sont prêts à faire pour être intégrés et bien vu. Mais cela en vaut-il vraiment la peine ?

Vanille a également un TCA, elle contrôle son poids à l’excès, ayant une vision fausse d’elle-même. De ce fait, elle n’a aucune confiance en elle et ça se ressent dans sa relation avec son petit ami. Elle est avec lui depuis ses 13 ans et au final, on voit que c’est plus par habitude que par réel amour, parce que c’est une situation confortable… J’ai trouvé ça intéressant aussi comme sujet, le besoin d’être validé par quelqu’un pour avoir de la valeur alors qu’elle n’a clairement pas besoin de lui… À cause de son manque de confiance, elle se repose beaucoup sur son frère qui agit comme un écran protecteur, alors le fait qu’il s’éloigne d’elle, et qu’il prenne un chemin très différent du sien, la perd aussi un peu. Mais heureusement pour elle, elle est plutôt bien entourée, elle s’est fait de nouveaux amis qui vont l’aider à grandir et évoluer.

En bref, Juste une fille est un roman que j’étais très curieuse de découvrir et s’il m’a mise en colère, et à raison au vu de ce qui se passe, je dois dire que ça a été fait avec une extrême finesse. J’ai beaucoup aimé cette histoire que j’ai lu en un rien de temps. L’intrigue est bonne et bien menée, on voit bien l’évolution des deux personnages, eux qui étaient si soudés vont prendre des chemins bien différents. Kale si protecteur envers sa sœur, va s’éloigner d’elle, se perdre en chemin pour pouvoir briller, quant à Vanille, elle essaye de survivre dans un milieu dont elle ignore tout. L’autrice aborde de nombreux sujets dans son histoire et s’ils sont durs, il faut reconnaître qu’ils sont bien traités et bien amenés pour nous pousser à la réflexion, à nous faire réagir. C’est un roman que je vous recommande tant il est nécessaire. À lire !

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