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31/08/2018

Le goût amer de l'abîme de Neal Shusterman

Quatrième de couverture

Caden est un adolescent de quinze ans ordinaire, qui s’intéresse à l’athlétisme et aux jeux vidéo. Pourtant, il adopte un comportement de plus en plus étrange aux yeux de ses parents : il marche seul et pieds nus dans les rues, craint que ses camarades de classe ne veuillent le tuer... Dans son esprit, Caden est devenu le passager d’un navire voguant sur des mers déchaînées.
Lorsque cela devient trop difficile pour lui de garder le contact avec la réalité, ses parents doivent l’interner en asile psychiatrique. Commence pour le jeune homme un long voyage qui doit le mener au plus profond des abysses, au risque de s’y noyer…

Mon avis

Ne sachant pas quoi lire après La Dame en Rouge règle ses comptes, j’ai longuement regardé ma PAL et mes yeux se sont posés sur Le goût amer de l’abîme. Un roman reçu sans l’avoir au préalable demandé, mais étant donné le sujet, cela pouvait être intéressant, même si vous n’êtes pas sans savoir que je ne suis pas friande des romans parlant de maladie. Sachant qu’il sortait bientôt en librairie, c’était le moment pour le lire en amont et être à jour (pour une fois) dans les sorties livresques.

J’avais eu un coup de cœur pour Je t’ai rêvé de Francesca Zappia qui traitait aussi de la schizophrénie mais sous une romance adolescente qui restait touchante et mignonne. Neal Shusterman avec Le goût amer de l’abîme nous propose quelque chose de totalement différent, de plus sombre et peut-être de plus réaliste aussi. C’est le genre d’histoire où l’on n’en sort pas tout à fait indemne et qui ne peut pas nous laisser indifférent. Un roman que je vous invite vivement à découvrir ! J’ai beaucoup aimé, même si je ne vous cache pas que par moment c’est assez difficile.

Lorsqu’on plonge dans cette histoire, on ne comprend pas trop ce qu’on lit. Neal Shusterman nous emmène directement dans ce voyage à bord d’un bateau pirate qui s’est lancé dans une sorte de quête. C’est très mystérieux, il y a quelque chose de décousue et d’absurde là-dedans, un peu comme dans Alice au pays des merveilles. Les chapitres sont courts, ils sont aussi très nombreux au final et cela peut-être assez déconcertant avec la sensation parfois de passer du coq à l’âne. Mais il faut s’accrocher parce que cette histoire en vaut vraiment la peine et que l’écriture de l’auteur est très agréable à lire et fluide.

Puis, nous faisons la connaissance de Caden, un lycéen tout ce qu’il y a de plus banal, qui prépare un projet de jeu vidéo avec des amis. Lui, est le dessinateur dans cette histoire et on voit bien à mesure que quelque chose cloche chez lui.

Durant une bonne partie du roman, la partie sur le bateau pirate prend beaucoup plus de place que les moments où l’on voit le quotidien de Caden. C’est par alternance dans les chapitres que nous suivons ces histoires. Puis, à mesure de l’histoire, on voit davantage Caden dans son quotidien et sa famille jusqu’au moment où celle-ci comprend que Caden ne va pas bien. Deux histoires distinctes qui se finissent par se réunir et qui montrent à quel point Caden est parti loin, très loin… Une plongée dans les profondeurs de l’abîme de son cerveau… On comprend aisément, vu le sujet que j’ai annoncé en préambule que tout cela est dû à sa schizophrénie.

Neal Shusterman a réussi à trouver les moments et à créer son histoire de telle manière que nous entrons dans l’esprit malade de Caden, on voit sa descente aux enfers, que la réalité et la fiction se mélangent sans qu’il ne sache parfois faire la part des autres. Il y a un côté très embrumé, on ne comprend pas tout mais cela finit par faire sens au fur et à mesure de l’histoire, quand Caden rentre à l’hôpital.

C’est assez étonnant de voir le pouvoir des mots ici et la maîtrise de l’auteur à parvenir à retranscrire cet état. C’est assez difficile pour moi pour vous le montrer car c’est une lecture assez unique, quelque part dérangeante et déstabilisante mais c’est ce qui en fait sa force et qui montre à quel point ce livre est habilement fait. Mais j’ai vraiment adoré cette histoire, même si ça a quelque chose de triste et malheureux, après tout, c’est l’histoire d’un adolescent malade.

L’atmosphère de l’histoire est assez pesante, les passages consacrés au voyage à bord du bateau pirate trouvent un échos et on craint pour la suite à venir. Le titre du livre prend également tout son sens une fois arrivée vers la fin. Mais je n’en dirai pas plus pour ne pas vous spoiler.

Et cette histoire est d’autant plus touchante et dure lorsqu’on lit le mot de l’auteur à la fin du roman où il se livre et nous explique que cette histoire n’est pas une fiction comme les autres, loin de là. Je n’en dirai pas plus, je vous laisse découvrir cela plus précisément mais j’avoue que l’histoire prend une autre dimension lorsqu’on sait cela. Et on voit à quel point cela est saisissant de réalisme.

Caden est un personnage touchant, on ne peut que compatir face à sa situation en espérant que tout aille pour le mieux pour lui. On veut qu’il s’en sorte, qu’il aille mieux, même s’il ne pourra jamais guérir vraiment de cette maladie. C’est un long périple qui l’attend, un long voyage mais plus on avance dans l’histoire et plus on se demande si tout cela va bien se finir pour lui.

En bref, Le goût amer de l’abîme est un roman qui ne peut pas nous laisser indifférent. Neal Shusterman nous conte une histoire dure, celle d’un adolescent atteint de maladie mentale, de schizophrénie, au plus près et lorsqu’on sait pourquoi il a écrit une telle histoire, cela la rend encore plus touchante et dure. On ne peut que compatir face à la situation de Caden, surtout lorsqu’on voit le chemin qu’a pris sa vie. Un livre à lire !

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